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Le ” derby des fréres ennemis” oppose les deux plus grands clubs casablancais : le Raja et le Wydad, cette rencontre se déroule traditionnellement au Stade Mohammed V et devant prés de 80 000 supporters selon les médias locaux, tout en sachant que l’équipe qui re&ccediloit ne met en vente que les 50 000 billets maximum.

Les rencontres directes entre les deux clubs de Casablanca sont souvent appelées à désigner la suprématie de l’un des clubs sur tout le pays et comptent parmi les ” derby” les plus spectaculaires de la planéte.

Les origines

Le derby de Casa, c’est une rivalité sportive entre deux des trois clubs les plus titrès du Royaume (les FAR Rabat complétant ce triumvirat). Le Wydad compte 17 titres de champions (5 titres en Ligue Marocaine et 12 en Championnat) et une Ligue des champions de la CAF, tandis que le Raja posséde trois couronnes nationales de moins, mais peut se vanter d’avoir trois Ligues des champions à son palmarés. En plus de l’aspect sportif, l’antagonisme entre ces deux monuments a également une dimension sociale. Ainsi, le public du WAC est traditionnellement associé à la classe moyenne alors que les sympathisants rajaouis sont plutot issus des quartiers populaires.

Sur le plan historique, la rivalité est intimement liée à un personnage qui a marqué l’histoire des deux clubs, Affani Mohamed Ben Lahcen dit “Pére Jégo”. Fondateur et premier entraîneur du Wydad en 1939, il fait rapidement entrer le club dans le c&oeligur des Bidaouis en décrochant quatre Ligues du Maroc, ancêtre du championnat, trois titres de champion d’Afrique du Nord et une Coupe d’Afrique du Nord. Populaire, fin psychologue et remarquable dénicheur de talent, le Pére Jégo finit pourtant par déranger dans la direction des Rouges et se retrouve poussé vers la sortie en 1952. Incapable de s’éloigner du football, il frappe à la porte de la maison d’en face, o&ugrave il apporte sa passion et son expérience. Son charisme et son style de jeu séduisent rapidement le public rajaoui, pour qui les rencontres face au WAC deviendront plus tard des occasions de venger l’honneur de son héros.

Quelques chiffres

Le championnat marocain a vu le jour en 1956 et le premier derby s’est déroulé la même année, remporté par le plus jeune des deux clubs. Cette victoire du RCA sera la premiére des 37 remportées sur 119 éditions déjà disputées, dont 105 en championnat, contre 29 pour les Rouges et 53 nuls. La balance des buts penche également en faveur des Verts qui ont fait trembler les filets à 89 reprises, contre 75 pour les Aigles du WAC.

C’est également un rajaoui qui détient le titre honorifique de meilleur buteur du derby. L’ailier droit Said Gandhi, qui fit les beaux jours du Raja et de l’équipe nationale dans les années 1970, a trouvé sept fois le chemin des filets face au grand rival. Au rayon des plus assidus, le défenseur du Raja Abdellatif Jrindou a connu 16 fois l’ambiance de ces grands rendez-vous, soit quatre de plus que Hicham Louissi qui en a disputé 12 avec le WAC.

Anecdotes et petites phrases

Si l’histoire regorge de grands souvenirs des deux cotés, la légende a commencé à s’écrire avant même la premiére rencontre. Interrogé sur sa préférence entre les deux clubs, le Pére Jégo répondit que “son c&oeligur allait vers le Wydad, mais que le Raja symbolisait la solidité de son caractére. ” Malgré la domination du Wydad à cette époque, il annon&ccedila que le Raja s’imposerait pour leur premiére confrontation. et les Verts l’emportérent 1:0 !

Cette lutte pour la suprématie locale et nationale a également des connotations internationales. Influencé par les voyages du Pére Jégo en Europe, le Wydad a écrit sa légende en développant un jeu basé sur la tactique et le physique, autour d’un attaquant de pointe. En revanche, il s’inspira de ses voyages en Amérique du Sud pour insuffler un style plus technique et spectaculaire au Raja. Ainsi, même si on trouve désormais des techniciens hors-pair comme des déménageurs dans les deux camps, le derby de Casa a longtemps été une opposition entre un Wydad “à l’anglaise” et un Raja “à la brésilienne”.

Parmi les meilleurs souvenirs rajaouis, citons l’éclatante victoire 5:1 en quart de finale de la Coupe lors de la saison 1996/97, la plus large de l’histoire du derby, ou le succés acquis le 30 avril 2005 dans le temps additionnel gr&acircce à Hicham Aboucharouane, dont le but offrait le titre aux Diables verts. Mais le Wydad prendra sa revanche l’année suivante en décrochant le titre dans les mêmes conditions, Hicham Louissi arrachant un match nul à l’ultime seconde du 100éme derby pour offrir aux siens un premier sacre aprés treize ans de disette.