Le vendredi 10 avril à Bruxelles, un jeune marocain, qui roulait sur un scooter, a été pris en chasse puis percuté par une voiture de police.

Adil, âgé à peine de 19 ans, est décédé dans l’indifférence la plus totale hormis à Anderlecht où ses amis ont tenté tant bien que mal de réclamer justice sous les jets des arroseuses.

Hakimi, Mouton ou Lion de l’Atlas ?

Les appels au rassemblement lancés en réaction au décès de “l’arabe” Adil ont été totalement ignorés par les médias étrangers. Sa mort n’a pas ému la planète contrairement à celle de l’américain “noir” Floyd dont la disparition préoccupe fortement le marocain, Achraf Hakimi.

Ce dernier, contraint ou pas, multiplie les hommages et les appels de justice pour George Floyd suivant l’ensemble de l’équipe et sa direction. Genou à terre, “Justice for George Floyd”, “No justice, no peace”,… affiche Achraf Hakimi dans un élan de solidarité savamment orchestré par la direction du BVB. En revanche, le jeune Lion de l’Atlas est silencieux et ne manifeste pas encore d’intérêt pour le drame qui a conduit à la mort de son compatriote Adil.

Est-il au courant des faits et de la mort horrible d’Adil ? Probablement pas mais on espère qu’il le sera après cet article et qu’il se manifestera aussi par solidarité avec la famille d’Adil. Achraf Hakimi n’est pas un Mouton de l’Atlas, c’est un Lion et c’est en tant que tel qu’il doit agir quand il s’insurge contre “le racisme” ou qu’il réclame justice…

Dans les deux cas, il s’agit probablement de mort “accidentelle” pas du tout animée par la haine raciale. En tout cas, c’est à la justice de déterminer les motifs et non ces sportifs comme Hakimi qui ont vite crié au “racisme” car un black a trouvé la mort après une interpellation musclée !

Le BVB s’émeut trop pour Floyd

Visiblement, la vie d’un jeune arabe de Bruxelles vaut moins que celle d’un noir du Minnesota. Le BVB ne soucie guère de la douleur de la communauté marocaine de Bruxelles. Mais bien sûr, elle n’est pas gouvernée par Donald Trump !

Rien n’est dû au hasard et tout élan de cette nature répond forcement à une stratégie politique. Le président du BVB, Reinhard Rauball est membre du partie politique SPD (Parti Social-démocrate). Son directeur général, Hans-Joachim Watzke est connu pour être membre du CDU (Union chrétienne-démocrate).

Tous deux sont de fervents supporters d’Angela Merkel. La Chancelière a ouvertement pris position pour condamner le « racisme » qui frappe, selon elle, une “société américaine très polarisée”.
Le meurtre de George Floyd est une chose terrible. Le racisme est une chose terrible. La société américaine est très polarisée…», a-t-elle noté en espérant que les manifestations restent « pacifiques » aux Etats-Unis.

Merkel vs Trump, je t’aime, moi non plus !

Interrogée sur le président américain Donald Trump, Angela Merkel a répondu qu’en ce qui la concernait, ses “exigences en politique (étaient) toujours d’essayer de rassembler les gens et de les réconcilier“. Mais en marge des prochaines élections américaines prévues en novembre 2020, Merkel pense que le style politique de Trump “est très controversé“.

« Je travaille avec tous les présidents élus dans le monde entier. Et bien sûr avec le président américain », a fait valoir la dirigeante allemande. « Tout ce que je peux faire, c’est espérer que nous pourrons travailler ensemble,» ajoute-elle avec diplomatie.

Comme tous les démocrates européens, Merkel considère que l’élection de Trump en 2016 était un accident, un concours de circonstance. Il faut donc le battre, c’est la seule ambition de tous les démocrates, y compris celle des dirigeants du BVB qui utilisent leurs joueurs à des fins purement politiques. Sinon, pourquoi ne réclament-ils pas justice pour le jeune marocain, Adil ou autres victimes des bavures policières à travers le monde ?

Lutte contre le racisme, argument électoral ?

Donald Trump a toujours surfé sur la vague xénophobe. A l’approche des élections de 2020, le président républicain a multiplié les sorties racistes. Avec lui, les langues se sont déliés et les propos racistes banalisés, sans conséquence sur le racisme qui reste inchangé. Il faut reconnaître qu’il n’y a pas plus de racistes qu’avant, simplement les hommes politiques de tout bord l’expriment plus facilement.

Le 22 mai 2020, le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden a été accusé de “racisme” par l’équipe de Donald Trump. Biden avait dit à un animateur radio qu’il n’était “pas noir” s’il songeait à voter pour le président en place.

Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n’êtes pas noir”, a répondu Biden à l’animateur après une invitation à un autre entretien..

L’équipe de Donald Trump a qualifié cet échange de “dégoûtant” sur Twitter, et le fils du milliardaire républicain, Donald Trump Junior, a affirmé que Joe Biden avait “une mentalité raciste dégoûtante et déshumanisante”. 

Trois jours plus tard, soit le 25 mai 2020, toute la terre découvre avec stupéfaction les images de l’arrestation “mortelle” de George Floyd plaçant le “racisme” au cœur du débat électoral. Reste à savoir à qui profitera sa mort, politiquement parlant.

Le sport au service de la propagande

Rien de neuf dans ce domaine et qu’on ne vient pas me dire que je mêle Sport et Politique. L’histoire se confirme comme éternel recommencement…
Dans son livre “Propaganda”, Edward Bernays fait remarquer que la manipulation de l’opinion a toujours existé sous diverses formes de la part des gouvernants. Il note que « la nouvelle propagande » ne permet pas au peuple de s’émanciper, mais à une minorité d’influencer la majorité par le billet de nouvelles figures à l’instar des sportifs utilisés pour véhiculer des messages souvent politisés.

Bernays dresse le tableau des « nouveaux propagandistes » dans lequel il place les sportifs de haut niveau en pôle position.

Dès la fin des années 1930 et encore plus après la Seconde Guerre mondiale, les leaders politiques et les grandes puissances ont usé de la compétition sportive internationale comme moyen de mettre en scène leur excellence et de toucher plus efficacement les opinions publiques.

Ce qu’on appelait jadis modèle fasciste ou communiste est présenté aujourd’hui comme référence à suivre. Les sportifs actuels sont plus que jamais réactionnaires, ils trouvent facilement tribune dans les médias et sur les réseaux sociaux où ils étalent leur spectacle propagandiste, par l’exemple sportif démultiplié.

Mettre un genou à terre et arborer des slogans sont quelques exemples du machiavélisme du management idéologisé du sport… Ce n’est pas tant l’engagement des sportifs qui dérange dans cette lutte ciblée contre le racisme, mais bien leur utilisation à des fins purement politiques qui les dépassent.