Sans-titre-5-2

Il suffit de faire un tour en Belgique, plus particulièrement dans les villes de Bruxelles ou Anvers, pour entendre dire qu’il existe peu de chances de percer dans le championnat belge de football.

Discrimination? Problèmes de discipline? Manque de talent? Un débat qui a peu, voir, jamais été évoqué médiatiquement. Découvrez une analyse complète écrite exclusivement par LDA.

Le nombre de Marocains en Belgique compte le plus grand taux de pourcentage (4,8%) dans la diaspora marocaine. Avec un nombre d’environ 600. 000 Marocains sur 11 millions de Belges, chaque centre de formation de grand club compte plusieurs joueurs marocains dans la catégorie inférieure. Seulement, beaucoup de jeunes belgo-marocains voient la réalité en face, disant « n’avoir aucune chance de percer footballistiquement dans le championnat belge ».

Il suffit de sortir des noms tels que Mbark Boussoufa (né aux Pays-Bas), Mehdi Carcela, Nabil Dirar ou Selim Amallah pour contre-dire les paroles de mauvaise foie. Mais pour eux, cela reste toujours très peu comparé aux voisins Français ou Hollandais. Certains soulèvent le débat « discrimination « tandis que d’autres voient plus loin en se basant au niveau fédéral: le Bruxellois qui a moins de chances que le Wallon? La mentalité flamande ultra-autoritaire qui se différencie des autres régions belges?

Ce qu’on ne peut pas nier, c’est le fait qu’on trouve étonnement peu de joueurs marocains dans le football professionnel issus de la région bruxelloise ou de la région flamande. Il suffit de faire un tour dans les centres de formation bruxellois tels que le Racing Schaerbeek, le Crossing Schaerbeek, l’Union Saint-Gilloise, le RSC Anderlecht ou encore le RWD Molenbeek pour s’apercevoir du grand nombre de joueurs marocains qui y évoluent, courant régulièrement derrière un ballon avec comme objectif devenir un jour ou l’autre, un footballeur professionnel.

On parle souvent de flops, du au manque de discipline. Chicha, boîte de nuit, jeu de hasard, retards d’entraînement, manque de respect envers son propre public ou exagération de réseaux sociaux, c’est plus particulièrement le nom Nabil Dirar qui ressort suite à sa mauvaise expérience au Club Bruges dans les années 2008 jusqu’en 2012.

Plus récemment, on note le cas du jeune Ismail H’Maidat qui a eu de multiples problèmes avec la justice belge, tout cela, en étant footballeur professionnel en Belgique, ce qui n’a pas pu redorer l’image des Marocains aux yeux des dirigeants flamands, bien que ce dernier soit né aux Pays-Bas.

On retiendra également la déclaration de Rachid Tiberkanine qui avait cité en 2007: « Je suis l’un des premiers footballeur belgo-marocain à être sorti du lot. Pourtant, les Marocains sont ici (Belgique) depuis 1964, je ne comprends pas ce qui cloche. Pour lancer ma carrière, j’étais obligé d’aller aux Pays-Bas. C’est l’Ajax Amsterdam qui m’a réellement formé même si je n’ai pas été une valeur sûre du club. « 

En effet, plusieurs Belgo-Marocains prennent leur départ pour les Pays-Bas afin de lancer leur carrière professionnel et cela ne date pas de hier. L’issue voisine semble primordiale vu l’engagement des clubs néerlandais dans l’amélioration du joueur marocain. Avec Othmane Boussaid qui naît en Belgique et fait ses débuts professionnels avec le FC Utrecht ou Amine Khammas qui quitte la ville de Genk pour une place de titulaire au FC Den Bosch en deuxième division néerlandaise, c’est une chose qui tape à l’oeil de tous les scouts marocains de la FRMF.

Le joueur natif de Bruxelles, Anas Tahiri, opte également pour une carrière aux Pays-Bas « pour s’améliorer », dit-il. Dans une interview avec FC Afkicken, comme un grand nombre de ses compatriotes, il dit avoir dans ses objectifs, un transfert vers un club des top 3 des Pays-Bas. L’ambition et la motivation est donc bien au rendez-vous.

Si on retourne dans les années 2005-2006, le cas reste identique pour Nacer Chadli, ex-international marocain devenu international belge qui quitte la Belgique à seulement 15 ans pour rejoindre le club néerlandais le plus proche de sa ville, le MVV Maastricht. Disposant d’un talent énorme, impossible à ignorer pour les dirigeants néerlandais, le premier contrat professionnel de Chadli voit jour à l’AGOVV Apeldoorn (D2) avant de faire ses débuts en Eredivisie avec le FC Twente.

Outre les Pays-Bas, d’autres exceptions comme Omar El Kaddouri ou Sofian Kiyine ont choisis une toute-autre option en débutant leur carrière en Italie. Les deux joueurs disent avoir été boycottés lors de leur formation en tant que footballeur professionnel.

Quant à Ismail Azzaoui, considéré comme un grand espoir du foot par les internautes marocains, il délaisse le RSC Anderlecht en 2014 pour un transfert au Tottenham Hotspur, club dans lequel il restera pendant une saison avant de faire ses débuts professionnels en Allemagne avec seulement deux matchs au compteur. Un passage en prêt en Eredivisie a été nécessaire pour Ismail afin de jouer sa première saison complète (2017-2018).

Dans toutes contradictions, Mbark Boussoufa reste toutefois une légende du football belge ayant révolutionné le club du RSC Anderlecht aux côtés de Romelu Lukaku. L’international marocain et son compatriote Mehdi Carcela du Standard de Liège restent malgré tout les rares joueurs à avoir fait leur place dans une équipe du top 5 belge, laissant derrière eux une belle image de soi.

Liste de joueurs évoluant actuellement en Jupiler Pro League (5) :

Sofyan Amrabat (Club Bruges)Mehdi Carcela (Standard de Liège)Selim Amallah (Standard de Liège)Ayoub El Harrak (AS Eupen)Amine Khammas (KRC Genk)Sofian Bouzian (KV Mechelen)