Idrissa Guene

Dans un communiqué au vitriol publié tard jeudi soir, la FSF prend fait et cause pour le milieu international sénégalais du Paris Saint-Germain, sous le feu de la critique depuis samedi dernier.

«Quand l’éthique se base sur l’hypothétique et le diktat, la liberté individuelle est en péril». La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) n’y va pas avec le dos de la cuillère dans un communiqué publié tard jeudi soir. Communiqué qui a pour but d’apporter un soutien franc et massif à Idrissa Gueye, le joueur du PSG qui a refusé de jouer dimanche dernier à Montpellier dans le cadre d’une journée placée sous le signe de la lutte contre l’homophobie.

Et de tacler sévèrement la Fédération française (FFF), qui a invité le champion d’Afrique à se justifier par le biais de son Conseil National de l’Éthique. Un courrier que la FSF dit avoir accueilli «avec une grande surprise (et une grande inquiétude sur le traitement de certains joueurs essentiellement d’origine africaine, disons le clairement).»

Rappelons que Gana, 32 ans, faisait partie du groupe parisien pour ce match de la 37e journée de L1. En parfaite santé, il n’était pourtant pas sur la feuille de match. Mauricio Pochettino a évoqué des «raisons personnelles» pour évoquer ce forfait et de nombreuses sources ont rapidement indiqué qu’il était lié à des convictions religieuses, même si l’intéressé ne s’est pas (encore ?) exprimé.

Criant à l’illégalité de la démarche de la FFF, la FSF estime que sa requête revient à «contraindre le joueur à faire ce que son libre arbitre ne l’incline à faire».

Est-on vraiment dans cette France que l’on nous avait contée et racontée dans nos écoles, celle qui a comme devise la liberté, la fraternité et de l’égalité pour tous ? Comment une instance qui prétend promouvoir l’éthique dans le Football peut se fonder sur des supputations pour s’adresser à une personne pour lui enjoindre de s’exprimer et pire encore de s’afficher avec le maillot aux couleurs LGBTQI+ pour mettre fin auxdites supputations ?“, se demande-t-on.

Ccela rappelle ces pratiques d’un autre temps dans les salles de classe des écoles où pour punir l’élève insoumis, le maître ou le professeur le mettait au supplice de l’humiliation devant ses autres camarades de classe pour la sanction comme pour l’exemple.”

La Fédération sénégalaise accuse en outre en substance les instances françaises (et les médias) de s’en prendre, sans preuve, à son joueur, y voyant purement et simplement du racisme caractérisé. «S’il y a quelqu’un qui doit clarifier sa situation ou faire amende honorable, ce n’est point Idrissa Gana Guéye mais bien Mr Patrice Anton du Conseil National d’éthique de la FFF qui non content de chercher de la fumée là il n y a point de feu est pris en flagrant délit de menaces voilées et de propos discriminatoires à l’encontre d’un joueur professionnel dont le seul tort est de ne pas avoir joué un match de championnat, ce qui au demeurant jusqu’à plus ample informer est un fait courant et ne concerne que les relations entre ce dernier et son club employeur», poursuit-on, affirmant une «solidarité» sans faille au milieu parisien et «se réservant le droit de saisir les instances internationales compétentes dans le domaine du sport ou en matière de droits de l’homme pour que ce qui ressemble à un harcèlement institutionnalisé cesse». Ambiance…

Le CUP avec Gueye aussi

Plus tôt jeudi, c’est le Collectif Ultras Paris qui avait apporté son soutien à Gana Gueye, parlant «daccusations médiatiques démesurées» dans un communiqué et rappelant que «chaque personne demeure encore libre de soutenir les causes de son choix de la manière qui lui convient». Le président sénégalais avait également pris parti pour l’ex-Lillois, qui prépare la réception de Metz samedi. En France, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce forfait de dimanche dernier dans l’Hérault, et le PSG, visiblement gêné par la situation, ne semble pas disposé à défendre son joueur. (AFP)