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Nasser Larguet sort de son silence, quatre jours après la décision de la FRMF de mettre fin à sa mission à la tête de la Direction technique nationale.

L’ancien directeur de l’Académie Mohammed VI de football a révélé au «Matin”que l’audit effectué par le cabinet belge Double pass n’a pas concerné l’ensemble du travail de la DTN, mais uniquement les équipes nationales de jeunes.
Il a en outre estimé que lui et son équipe ont accompli 75 à 80% de ce qu’on leur avait demandé.

Le Matin : Avez-vous compris la décision de la FRMF de mettre fin à vos fonctions à la tête de la Direction technique nationale ?
Nasser Larguet : Je ne suis pas surpris par cette décision, parce que je suis en fin de contrat depuis juin 2018. Il y avait une décision de prolongation tous les trois mois. J’ai pris acte de la décision de la FRMF. Je la respecte. J’ai reçu le témoignage de beaucoup de gens qui étaient surpris.
Ce sont des gens qui ont compris que le fonctionnement de la DTN n’est pas basé sur le seul prisme des sélections nationales, mais concerne aussi l’organisation, et le fonctionnement est pour moi cohérent. Il est respecté par tout le monde et en plus de cela il est reconnu par la CAF et la FIFA. Je suis dans le métier depuis 37 ans. On n’est jamais surpris par quoi que ce soit dans le football.

Pour justifier sa décision de mettre fin à votre mission du directeur technique national, la FRMF a mis en avant l’étude de l’audit relatif à l’évaluation du travail de la Direction technique, avez-vous eu écho des conclusions de cette étude ?Chacun à sa lecture. Je m’exprimerai là-dessus en temps utile. J’estime que 75 à 80% du travail a été fait.

Est-ce que le cabinet d’audit Double pass a audité l’ensemble du travail accompli par la DTN ?Non. Le cabinet d’audit Double pass était venu initialement pour auditionner les équipes nationales. Il n’a pas audité l’ensemble de la Direction technique nationale. Il était venu au début pour observer l’entraînement des équipes nationales de jeunes, alors que le travail de la DTN englobe d’autres activités.
Si vous voulez auditer la DTN, il faut aller voir ce qui se passe au niveau des Ligues, comment on organise la formation des cadres et comment on organise le travail avec les centres de formation.

Est-ce que vous trouvez juste qu’on fasse endosser la responsabilité de l’échec des équipes de jeunes à la DTN ?
C’est une hérésie de penser ainsi, mais c’est comme ça au Maroc. Quand on parle de la DTN, on parle des équipes de jeunes, mais pas du travail de fond au niveau des Ligues et de la formation des cadres.
On a toujours voulu placer la DTN sur les sélections nationales de jeunes. C’est une erreur fondamentale.

Les sélections nationales sont la résultante de tout le travail que vous avez fait en amont. Or cela fait quatre ans qu’on a pris à bras le corps ce travail, grâce aux présidents de Ligues et aux techniciens qu’on a mis dans des centres de formation. Il y a beaucoup de présidents de clubs qui n’ont rien à faire de la formation. Et malgré cela, on a fait bouger les lignes.

La majorité de nos équipes nationales sont composées de joueurs locaux. Il y a un travail de fond qui est fait et qui donnera ses fruits un jour ou l’autre. Il n’y a pas que les échecs au niveau des équipes nationales. Pourquoi on ne parle pas de la Coupe d’Afrique de futsal ou du football féminin.

On a créé des équipes nationales des U15, U17 et U20, parce que les clubs ne travaillent pas sur les équipes féminines. Nous avons remporté le CHAN. Nous avons eu la médaille d’or des Jeux de la francophonie et la médaille d’or des Jeux africains de la jeunesse, la médaille de bronze des Jeux méditerranéens. Il y a quand même des résultats. En plus, les joueurs qui jouent dans des équipes nationales sont sollicités par des clubs étrangers.