Sénégal - Algérie, les chwakers de l'Afrique
Sénégal - Algérie, les chwakers de l'Afrique

Alors que des doutes entourent l’organisation de la CAN 2027 confiée au trio Kenya–Ouganda–Tanzanie, une question revient dans les débats : pourquoi des nations majeures du continent comme le Sénégal ou l’Algérie ne se positionnent-elles pas comme alternatives crédibles en cas de délocalisation ?

Une organisation qui ne s’improvise pas

Accueillir une Coupe d’Afrique des Nations ne se limite pas à disposer de quelques stades modernes ou d’avoir une « grande gueule ». Le cahier des charges de la Confédération africaine de football impose :

  • plusieurs stades homologués de catégorie élevée
  • des infrastructures hôtelières adaptées
  • un réseau de transport fluide
  • une organisation logistique éprouvée

Même pour des nations structurées, répondre à ces exigences reste un défi majeur. Dans des délais courts, c’est mission impossible…

Le facteur calendrier

Une CAN ne se prépare pas en quelques mois. Les pays hôtes planifient généralement sur plusieurs années :

  • rénovation ou construction d’infrastructures
  • mise en place des comités d’organisation
  • coordination sécuritaire et logistique

Dans le cas d’une délocalisation, le pays de remplacement devrait être immédiatement opérationnel, ce qui n’est pas du tout le cas du Sénégal et de l’Algérie, Roi et Reine de l’Afrique dans le registre de la vantardise… Seuls l’Egypte, l’Afrique du Sud et le Maroc peuvent se targuer d’avoir les capacités de relever un tel défi. Faut-il encore qu’ils soient intéressés !

Sénégal – Algérie : les chwakers de l’Afrique

Le Sénégal dispose du stade Abdoulaye Wade, une infrastructure homologuée certes, mais insuffisante à elle seule pour porter une CAN. L’organisation d’un tel événement nécessite un dispositif global : plusieurs stades aux normes, des capacités hôtelières importantes, un réseau de transport efficace et une logistique nationale solide. Or, le pays de la Téranga n’en possède pas et dans un contexte marqué par des tensions économiques et sociales, les priorités du pays ne sont pas nécessairement orientées vers une organisation qui pourrait révéler au monde entier les insuffisances chroniques du pays qui fait déjà face à une dette public record…

L’Algérie, de son côté, possède plusieurs stades récents mais dont délabrés pour certains. Elle peut aussi se targuer d’avoir une certaine expérience en matière d’organisation. Mais là encore, accueillir une CAN ne se limite pas aux infrastructures sportives uniquement. Cela implique une mobilisation financière, politique et logistique considérable.

Dans un environnement socio-économique également sous pression, avec d’autres urgences à gérer, se positionner sur une délocalisation en urgence apparaît peu réaliste dans un pays où trouver une paire de pneus équivaut à la découverte d’un trésor.

En résumé, au-delà des discours et des postures adoptés par ces deux « chwakers » de l’Afrique, organiser une CAN aujourd’hui demande des moyens et une stabilité que peu de pays peuvent mobiliser rapidement sans arbitrer avec des priorités internes plus urgentes.

Une décision avant tout politique et stratégique

Se porter candidat à une délocalisation n’est pas un simple geste symbolique. Cela implique :

  • des garanties financières
  • une validation gouvernementale
  • une coordination immédiate avec la CAF

Même avec une visibilité claire sur un retrait des pays hôtes initiaux de la CAN 2027, il est logique que le Sénégal et l’Algérie restent en retrait car ils n’ont tout simplement pas les capacités pour accueillir un tel évènement, même conjointement…

La CAF privilégie la stabilité

À ce stade, la CAF maintient officiellement sa confiance envers le trio organisateur. Tant qu’aucune décision formelle n’est prise, il est peu probable que d’autres pays se déclarent ouvertement candidats.

Le débat reste néanmoins légitime. Si la situation venait à évoluer, des nations comme le Sénégal, roi de l’Afrique ou l’Algérie, reine de l’Afrique, pourraient-elles se positionner ?

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Lions de l'Atlas
Rédacteur spécialisé dans le suivi des Lions de l’Atlas et des joueurs marocains évoluant dans les championnats européens.
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