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Lors d’une interview que Amine Harit a accordé à la chaîne Bein Sports France, il explique les raisons de sa métamorphose.

Des débuts surprenants. Puis un envol encourageant. Avant d’être en proie aux doutes et connaître la déception. A 22 ans seulement, Amine Harit est passé par beaucoup de sentiments. Son apprentissage est loin d’être fini et cette saison, l’international marocain vit quelque chose de nouveau : la rédemption.

Et le mot n’est peut-être pas assez fort pour expliquer ce que vit Harit depuis le début de saison. Marqué par un accident au Maroc, puis non-convoqué pour la CAN 2019, l’ancien Canari a mangé son pain noir ces derniers mois.

Un enchaînement d’événements contraires compliqué à gérer mais parfaitement surmonté par l’intéressé. Beaucoup de travail, une belle autocritique, une famille agrandie : tels ont été les ingrédients de la métamorphose Harit.

Car depuis le début de saison, les fans de Bundesliga et les supporters de Schalke 04 n’ont plus à faire au même joueur. Irréprochable et décisif sur le terrain, Harit totalise déjà quatre buts et deux passes décisives en Bundesliga.

A cette jolie ligne de stats, on peut également ajouter deux autres passes décisives en Coupe d’Allemagne. Un retour en force qui profite en premier au club de Gelsenkirchen car dans le sillage de Harit, Schalke 04 tutoie les sommets en Bundesliga. Un scénario presque inenvisageable en début de saison…

Harit : « J’étais à moitié professionnel »

Schalke 04 aurait même pu prendre la tête de la Bundesliga le week-end dernier. Une défaite rageante contre Hoffenheim en a décidé autrement. Excellent en première mi-temps, Amine Harit a dû faire face à un marquage individuel beaucoup plus strict au retour des vestiaires qui l’a empêché d’être décisif. Le joueur de 22 ans a mis de côté sa déception pour nous expliquer à l’issue de la rencontre son renouveau.

« Beaucoup de choses ont changé entre le Amine Harit de cette saison et celui de la saison dernière, nous a expliqué l’intéressé. Tout d’abord ma vie privée avec ma famille, mes amis… J’ai fait beaucoup de sacrifices et beaucoup plus travaillé. J’ai changé cette mentalité de « pas professionnel “car je n’étais pas professionnel. Du moins, je l’étais mais à moitié. Aujourd’hui, avec du travail et du sérieux, on peut atteindre de bons objectifs même si rien n’est terminé pour moi. Ce n’est pas une finalité d’être juste un joueur d’un mois. Ce titre me fait plaisir car il récompense beaucoup de travail. »

La naissance de sa fille comme déclic

Une bien belle récompense pour un joueur qui a dû passer par la case adaptation pour en arriver là. « Le jeu en France et en Allemagne, ça n’a rien à voir, enchaîne Harit.

Ici, ça va deux fois plus vite. C’est un cran au-dessus. Les phases de pressing ou d’attaque sont beaucoup denses et rapides qu’en France. Je me devais de changer mon jeu. Pour t’imposer dans une équipe avec des joueurs confirmés et installés depuis longtemps, il fallait que je m’adapte aussi.

Au début, c’était un peu difficile mais tu es obligé de t’y faire si tu veux performer et jouer. Si tu n’y fais pas, tu ne joues pas, et si tu ne joues pas, tu es encore plus au fond du trou. Autant se focaliser sur les points positifs. La première saison n’était pas trop mal. Aujourd’hui, j’ai gagné en maturité. Avec l’âge, je sais comment il faut jouer pour être performant. J’espère que je vais continuer dans cette voie-là. »

La naissance de sa fille

Et quand on lui demande quel a été le déclic, sa réponse fuse : « Tout le monde le connaît : c’est la naissance de ma fille. C’est ce qui m’a fait prendre conscience des choses qui sont importantes dans la vie. Il fallait travailler car maintenant, j’ai une famille et qu’il fallait que je montre l’exemple à cette famille. C’est ma fille qui fait qu’aujourd’hui, vous avez cet Amine-là en Bundesliga. »

L’arrivée de David Wagner l’été dernier sur le banc de Schalke 04 a également été décisif dans l’évolution du natif de Pontoise. « Le coach me laisse une certaine liberté, nous précise Harit. C’est top pour moi. J’aime bien partir de loin, m’appuyer, prendre les espaces… Je vais chercher les ballons bas et parfois, ça engendre des pertes de balle. Le fait de me laisser cette liberté, ça me permet de me lâcher. Etre sur l’aile ou dans l’axe, ce n’est pas important pour moi. Je veux juste être sur le terrain même si mon poste de prédilection, c’est être à l’intérieur du jeu. »

Face à Dortmund ce week-end, Harit aura une nouvelle occasion de confirmer son retour en grâce. Avant de rejoindre peut-être un cador européen dans les mois à venir.