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Il est des joueurs qui doivent batailler un peu plus que les autres pour toucher leur rêve du bout du pied. Bilal Hadraoui est l’un d’eux. Obsédé par le football depuis son enfance au Maroc, malmené par l’école, ce jeune milieu offensif reconverti défenseur central a bravé le froid et les lignes de trains de la banlieue parisienne pour transformer une idée en réalité.

Bousculant les codes de la formation parfois, il est arrivé aux portes du groupe professionnel du FC Metz. Pour Foot Mercato, il raconte son histoire. C’est à Berkane, ville de 100 000 habitants située à l’extrême nord-est du Maroc, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Algérie, que naît Bilal Hadraoui, le 28 mai 1999. Au début des années 2000, la Renaissance sportive de Berkane, club de la ville du même nom, alterne entre deuxième et troisième division marocaine. Bilal, lui, ne s’intéresse pas au championnat national. Trop petit. Il préfère taper le ballon dans les rues de la ville, comme tous les autres enfants de son âge. « J’avais commencé à jouer là-bas, mais je n’étais pas licencié. On se contentait de jouer sur les routes, “raconte celui qui du haut de ses 18 ans a déjà avalé des kilomètres. À sept ans, c’est avec ses parents, ses deux grands frères, sa grande sœur et le petit dernier qu’il quitte le Maroc pour la France. Et c’est en Seine-Saint-Denis, du côté de Tremblay-en-France, que Bilal et sa famille posent leurs valises. Cité du Boulevard. Trop petit, le joueur qui aura 19 ans dans quelques mois ne se rappelle pas de ses premiers pas dans ce qui était devenu chez lui. « J’étais petit, pas vraiment conscient. J’ai le sentiment qu’on m’a bien accueilli. “S’il se souvient avoir redoublé le CP, « le temps de m’acclimater », c’est de son premier club de foot qu’il garde un souvenir heureux. « À peine arrivé, mes parents m’inscrivent au club de la ville. C’était nouveau pour moi, mais un langage que je n’avais pas de mal à appréhender, “raconte Bilal. Après avoir fait ses classes chez les marine-et-jaune du Tremblay FC, Bilal prend le chemin de la JA Drancy. Une évolution logique dans le paysage du football local. « Je prenais le train, je partais tout seul, j’ai toujours tout fait tout seul, “raconte le joueur, sans fierté particulière mais conscient que l’effort n’était pas à la portée de tous. Une saison et puis s’en va. Il quitte déjà Drancy. Pressé. Celui qui évolue alors au milieu de terrain rejoint le Centre de Formation de Football de Paris (CFFP). Ses parents mettent leurs économies dans l’internat, à une heure et demi du domicile familial. Mais l’année suivante, ces derniers ne peuvent plus suivre. Bilal rentre à la maison. Pas question pour autant d’abandonner. Les trajets s’allongent, la motivation reste intacte. Trois heures de trajet dans la journée pour aller taper le ballon à Orly, où le centre est installé. Lire la suite ICI