Image lionsdelatlas par défaut

Ce vendredi, Younés Belhanda a retrouvé Montpellier avec l’OGC Nice, la veille de son vingt-septiéme anniversaire. Formé au MHSC, le milieu offensif a connu la consécration avec l’équipe de René Girard en 2012. Retour sur une ascension tonitruante, avant l’exil au Dynamo Kiev, dans l’anonymat du championnat ukrainien.

Grégoire Margotton s’égosille dans le silence du Vélodrome. Un ciseau retourné vient de caresser la barre. 3-1, le chef-d’&oeliguvre de Younés Belhanda scelle le succés des siens à Marseille. Oui, Montpellier est en route pour un exploit monstrueux : remporter le titre de champion de France devant le PSG de Carlo Ancelotti. Un mois plus tard, la place de la Comédie exulte, l’équipe de René Girard fête le sacre à Auxerre (avec trois points d’avance sur le PSG), Loulou Nicollin devient punk, le MHSC va disputer la Ligue des champions. Les héros s’appellent Olivier Giroud, Geoffrey Jourdren, Karim A&iumlt-Fana, Romain Pitau, Mapou Yanga-Mbiwa, Rémy Cabella, Marco Estrada, Henri Bedimo et bien s&ucircr le meilleur espoir du championnat, Younés Belhanda. Presque dix ans auparavant, l’ado enfilait ses premiers survêtements du MHSC. Né à Avignon de parents marocains, Belhanda rejoint l’Hérault à l’&acircge de treize ans. Le milieu de terrain gravit les échelons des équipes de jeunes, et puis tout s’accélére en 2009 : c’est la victoire en Coupe Gambardella (2-0 en finale face au FC Nantes) avec Jonathan Ligali, Benjamin Stambouli, Rémy Cabella ou encore Jonas Martin – une bande de potes qui part en vacances ensemble c’est aussi la remontée de Montpellier en L1 aprés une victoire épique contre Strasbourg c’est encore le premier contrat pro signé par l’espoir Belhanda et enfin, ses grands débuts avec l’équipe premiére face au Paris Saint-Germain, en ouverture de la saison 2009-10. &Agrave l’époque, Louis Nicollin a déjà repéré le diamant brut. “&thinspCe Belhanda, il a dix-huit ans (dix-neuf, en fait, ndlr) et il a un toupet. C’est unique ! Ben, &ccedilui-là il va être fort ! Benzema, c’est de la gnognotte. Vraiment très fort, Belhanda. Attention, faut qu’il reste comme il est, simple, bien dans la vie, tranquille . Faut dire qu’il a des parents équilibrés et une s&oeligur bien. &Agrave dix-huit ans, ce qu’il fait à ces mecs de premiére division ! “Oooooh ! Attends, moi je suis demi ou arriére, je te le défonce ce merdeux !”&thinsp&raquo , l&acircchait le président montpelliérain, dans un entretien rustre à dénicher dans le So Foot #70 (novembre 2009). Dés sa premiére saison, le milieu relayeur s’impose comme un titulaire dans la formation de René Girard. Mieux, l’année suivante, Belhanda prend les clés du jeu dans le sillage de Tino Costa, l’ex-star de l’équipe, parti à Valence. Le numéro dix est promis à une grande carriére, à n’en pas douter. Son agent, Jean-Christophe Cano, va même jusqu’à affirmer sur le site de 20 minutes que “&thinspla Fédération fran&ccedilaise a fait une faute professionnelle en le laissant jouer pour le Maroc&thinsp&raquo . En vérité, c’est un choix du c&oeligur pour le jeune homme qui se sent porté par “&thinspla chaleur&thinsp&raquo du public marocain, comme il l’expliquera plus tard à L’équipe. D’ailleurs, au Mondial 1998, le jeune Avignonnais supportait à bloc les Lions de l’Atlas : “&thinspJ’avais huit ans à l’époque et je me rappelle tous les détails de cette compétition, rembobine Belhanda pour le site de la FIFA. Je me dépêchais de quitter l’école avec mes camarades pour pouvoir suivre les matchs de l’équipe nationale, qui était composée de vraies stars. &thinsp&raquo Vient la saison de toutes les folies. Quand le quatorziéme du dernier championnat remporte le titre. Younés Belhanda plante douze fois en L1 &ndash dont quelques coups francs directs &ndash, distribue quatre passes décisives et s’affirme comme le leader technique d’une superbe équipe. En somme, l’éclosion d’un crac. “&thinspLa plus grosse pépite, c’est Belhanda, l&acircche Loulou Nicollin au micro de Luis Attaque, en avril 2012. Il est plus fort qu’Hazard, Pastore et compagnie. Je pense qu’il va rester. &Agrave nous de faire les choses comme il faut. &thinsp&raquo Quand le grand public voit d’abord la hype montpelliéraine sous la méche d’Olivier Giroud, les maillots des jeunes qui remplissent la Mosson sont presque tous floqués Belhanda – numéro dix (à commencer par la communauté marocaine de Montpellier). Et celui qui a pris le mégaphone pour exalter le parcage pailladin, le soir du titre, va effectivement rempiler une saison de plus. Pour le meilleur, avec la Ligue des champions, mais aussi pour le pire. Vite, trop vite, au MHSC, l’euphorie du titre de champion de France laisse place à la dure réalité économique du football moderne. C’est le lot de tous les petits clubs qui font sensation : être poussé à vivre au-dessus de ses moyens. Alors, Montpellier vend &ndash Giroud à Arsenal, Yanga-Mbiwa à Newcastle, six mois plus tard &ndash, achéte &ndash Charbonnier, Mounier, Herrera et Congré, qui reste encore aujourd’hui le plus gros transfert du club avec une transaction à cinq millions d’euros. Surtout, le président Nicollin prolonge ses joueurs à prix fort, à commencer par Younés Belhanda. Mais là encore, c’est le lot de toutes les bonnes surprises &ndash et ce n’est pas Leicester City qui dira le contraire &ndash, “&thinspl’an II&thinsp&raquo est difficile à gérer. Montpellier termine bon dernier de sa poule de Ligue des champions et conclut le championnat à une quelconque neuviéme place. Décevant sur le terrain, Belhanda se fait siffler par le public montpelliérain. Finalement, le joueur quitte son club formateur par la petite porte à l’été 2013. Direction le Dynamo Kiev, faute de proposition dans un grand championnat. “&thinspPour voir autre chose&thinsp&raquo , l’international marocain était même tout proche de rejoindre Al-Jazeera aux émirats, c’est dire.