Environ 250 personnes ont manifesté samedi à Dakar pour dénoncer la détention au Maroc de 18 supporters sénégalais condamnés pour « hooliganisme » après la finale de la CAN.
Les protestataires ont scandé « Libérez les otages », brandissant des pancartes au même message et d’autres accusant la justice marocaine d’avoir pris les détenus en otage.
Les 18 supporters ont été condamnés le 19 février par le tribunal de Rabat à des peines de trois mois à un an de prison pour violences contre les forces de l’ordre, jets de projectiles et tentative d’envahissement de terrain lors de la finale du 18 janvier.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a critiqué la situation, estimant qu’elle dépasse « le cadre du sport » et regrettant qu’un différend de ce type puisse survenir entre deux pays historiquement proches, le Maroc et le Sénégal.
Dakar sollicite une grâce royale
Selon plusieurs sources diplomatiques, les autorités sénégalaises ont adressé une demande de grâce royale au roi Mohammed VI pour obtenir la libération des 18 supporters. Le président Bassirou Diomaye Faye aurait officiellement saisi Rabat en ce sens, espérant un geste d’apaisement.
La grâce est possible mais les incidents ont impliqué des violences contre des stadiers et les forces de l’ordre. Elle pourrait donner l’impression qu’un geste diplomatique efface automatiquement une condamnation liée à l’ordre public.
Au Maroc, une grâce royale, accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, n’est jamais influencée par des insultes, des accusations ou des manifestations hostiles qui qualifient le Maroc de « preneur d’otages ». Un tel message va même contre la logique d’une demande de grâce royale. Cela donne l’image d’une partie de l’opinion sénégalaise qui agresse le Maroc au lieu de chercher l’apaisement.
Le Maroc ne réagit jamais sous pression, encore moins lorsqu’il s’agit de souveraineté judiciaire ou de maintien de l’ordre.





































