Regragui - Renard
Regragui - Renard

Interrogé sur les critiques ayant visé Walid Regragui en début de CAN, Hervé Renard, qui a lui-même dirigé la sélection marocaine pendant trois ans, reconnaît que le rôle de sélectionneur peut devenir lourd à porter.

« Oui, la fonction est parfois pesante. Mais ce n’est pas propre au Maroc. Regardez simplement Didier Deschamps : champion du monde en tant que joueur et entraîneur, et malgré cela constamment remis en question. Aujourd’hui, avec la multiplication des médias et l’omniprésence des réseaux sociaux, les critiques sont décuplées.

Si j’avais été à la place de Walid, je n’aurais même pas réagi. L’essentiel, c’est qu’il a réalisé une Coupe du monde 2022 exceptionnelle en atteignant les demi-finales. Bien sûr, derrière une performance aussi immense, il peut arriver de connaître un passage à vide, comme l’élimination en huitièmes de finale de la CAN. Ce n’est jamais simple de redescendre après un tel exploit. »

À la question de savoir s’il comprend que Regragui règle ses comptes après sa qualification pour la finale, Renard se montre clair dans une interview publiée par Eurosport : « Non, selon moi, il n’a pas besoin de revenir là-dessus. Un sélectionneur doit savoir où il veut aller et faire abstraction du reste. Pour lui, c’est encore plus difficile : il est Marocain, il a beaucoup d’amis, beaucoup de proches qui peuvent l’appeler pour lui transmettre des critiques ou des avis. Mais l’essentiel, c’est de rester dans sa bulle.

Sur son travail, il n’y a rien à dire sinon le féliciter. Il réussit une Coupe du monde en misant sur un bloc bas et des transitions rapides. Quatre ans plus tard, il réussit une CAN dans un style totalement différent, avec d’autres intentions de jeu. Il montre une palette tactique impressionnante et une capacité d’adaptation remarquable. C’est une réponse magistrale à tous ceux qui l’ont critiqué. »

Et de conclure : « Aujourd’hui, Walid est un demi-dieu, laissons-le tranquille. Un jour, un président m’a dit : ‘Vous savez, si vous étiez chirurgien, personne ne viendrait vous donner des conseils lors de vos interventions car personne n’a la compétence pour cela. Au foot, tout le monde pense avoir la compétence… Walid, je le connais bien, je lui dirais de ne pas s’éparpiller parce qu’au fond, il n’a plus besoin de répondre à ses détracteurs. »

Article précédentUn choc Maroc – Algérie au programme de la CAN féminine 2026
Article suivantCAN 2025 : quand le Maroc élève le football africain aux standards FIFA