Sénégal - Zambie
Sénégal - Zambie

Le débat revient souvent dans le football africain : suffit-il de remporter une Coupe d’Afrique des nations pour se revendiquer comme la meilleure équipe du continent ? La réponse, si l’on analyse l’histoire et les dynamiques du football africain, est clairement non.

La Zambie, l’exemple qui remet le Sénégal a sa place

Lorsque la Zambie remporte la CAN 2012, l’émotion est immense. Le parcours est historique, presque héroïque. Mais derrière cet exploit obtenu sous les ordres de Hervé Renard :
– aucune domination durable
– Aucun parcours honorable au niveau mondial
– une présence irrégulière dans les grandes compétitions
– aucun impact significatif sur les compétitions interclubs africaines

La Zambie a marqué l’histoire… sans jamais s’imposer comme une puissance du football africain. En Europe, le Danemark et la Grèce ont réussi l’exploit de remporter l’Euro, mais leur Football reste loin des références européennes que sont l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Angleterre et l’Italie.

Le Sénégal, grande sélection mais un modèle incomplet

Le Sénégal a franchi un cap en remportant la CAN 2021 et en enchaînant quelques performances solides chez les jeunes lorsque les tests IRM n’étaient pas encore d’application pour éviter la tricherie sur l’âge.

Sur le plan des sélections, le Sénégal fait aujourd’hui partie des équipes les plus compétitives du continent. Mais peut-on pour autant parler de domination alors qu’aucun club sénégalais n’a remporté une compétition majeure de la CAF ?

  • Peut-on parler de domination du Football africain lorsque le championnat local reste peu influent ?
  • Peut-on parler de domination lorsque les performances reposent principalement sur des joueurs formés par les académies étrangères ou révélés à l’étranger ?

Autrement dit, le Sénégal brille à travers sa sélection, mais ne domine pas l’écosystème global du football africain.

Le Sénégal en compétitions interclubs de la CAF

Le palmarès des clubs sénégalais en compétitions interclubs de la CAF est rapide à faire :
Le Sénégal n’a jamais remporté :
– la Ligue des champions CAF
– la Coupe de la CAF / Coupe de la Confédération
– la Supercoupe CAF
En clair : le palmarès continental des clubs sénégalais est totalement vierge à ce jour. Le seul résultat honorable est une triste finale de la Coupe de la CAF perdue par l’ASEC en 1998.

Une grande nation, c’est une domination globale

Les véritables puissances africaines ne se définissent pas par un titre ou par des scandales extra-sportifs, mais par une continuité aussi bien en club qu’en sélection.

Prenons les exemples de l’Égypte, de la Tunisie depuis l’ère Hayatou, et surtout du Maroc depuis sa disparition :

  • des sélections compétitives sur la durée
  • des clubs performants et titrés en compétitions CAF
  • des championnats structurés
  • une présence constante dans les grandes échéances

C’est cette cohérence globale qui construit une véritable nation de football africain et c’est exactement ce que le Maroc montre depuis une dizaine d’année avec des sacres et exploits majeurs aussi bien avec ses sélections nationales qu’avec ses clubs.

L’illusion du titre unique

Gagner une CAN est un accomplissement majeur. Mais en faire un argument absolu pour revendiquer une supériorité continentale relève davantage de l’émotion que de l’analyse.

Le football africain a toujours été marqué par des exploits ponctuels. Ce qui distingue les grandes nations, c’est leur capacité à durer, à structurer et à imposer leur modèle. Celui dessiné par Fouzi Lekjaa sous l’impulsion de Sa Majesté est entrain de devenir une référence mondiale.

La Zambie a gagné une CAN sans devenir une référence. Le Sénégal a gagné une CAN et s’est imposé comme une grande sélection du moment. Mais être la meilleure nation d’Afrique ne se décrète pas sur un titre. Cela se construit dans le temps, sur tous les niveaux du football, sélections et clubs, masculin et féminin. Et sur ce terrain-là, l’histoire reste encore à écrire pour le Sénégal…

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Saïd.A
L’un des fondateurs du média Lions de l’Atlas, aujourd’hui Rédacteur en chef. Passionné par les Lions de l’Atlas et la prospection, je suis de près les performances des joueurs ainsi que l’actualité du sport marocain dans son ensemble.
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