Il faut arrêter de tourner autour du pot. Depuis plusieurs mois, et de manière encore plus marquée depuis la Coupe d’Afrique des Nations 2025, un constat s’impose à tout observateur marocain un minimum attentif : une partie des médias francophones s’inscrit dans une dynamique régulière de contenus à charge contre le Maroc.
On ne parle pas ici d’incidents isolés, ni de dérapages ponctuels. Ce qui se dessine est plus structuré, plus répétitif, et surtout parfaitement identifiable dès qu’on prend un peu de recul. Il s’agit d’une propagande bien orchestrée
Des médias différents… mais une mécanique similaire
Regardons les faits, sans détour.
Des médias comme L’Équipe, référence historique du sport français, restent profondément ancrés dans une lecture très nationale du sport. Cela ne se traduit pas toujours par une hostilité frontale, mais plutôt par un biais persistant : dès qu’il s’agit d’acteurs africains, le regard devient plus dur, parfois condescendant. Et lorsqu’il est question du Maroc, le ton se durcit encore davantage, avec un choix de mots et d’angles qui dépasse la simple critique pour glisser vers une forme de narration orientée.
Dans un autre registre, RMC Sport fonctionne sur un modèle bien connu : le débat permanent, la réaction à chaud, et surtout la recherche de tension et du Buzz. Dans ce cadre, les sujets liés au Maroc deviennent régulièrement des prétextes à polémique. La logique est simple : provoquer pour faire réagir, et faire réagir pour générer de l’audience. Le fond avec des « intellectuels » comme Rothen passe souvent au second plan.
Sur le plan audiovisuel, Canal+ Sport Afrique s’inscrit dans une approche encore différente, mais tout aussi lisible. En tant qu’acteur majeur de la diffusion du football africain, sa ligne éditoriale ne peut pas être totalement dissociée de ses intérêts économiques, notamment autour des droits TV liés à la CAF.
Lorsqu’un diffuseur est partiellement écarté d’un événement aussi structurant que la CAN 2025, il devient difficile de croire à une neutralité totale dans le traitement des sujets liés aux organisateurs (CAF + Maroc). Le ton employé ces derniers mois en est un indicateur assez clair.
Du côté des plateformes digitales de bas de gamme, la mécanique est encore plus visible, et parfois plus brute, proportionnelle à la notorité.
Des sites comme Sport.fr reposent largement sur l’agrégation de contenus. La production originale y est limitée voire inexistante. Résultat : des informations, des rumeurs, des fake-news ou des narratifs existants sont relayés rapidement, souvent sans véritable mise à distance car le but n’est pas d’informer mais de dénigrer le Maroc, pour satisfaire les fossoyeurs DZ qui financent.
Le10Sport, de son côté, pousse encore plus loin cette logique. Ici, la priorité est donnée à l’impact immédiat et au Buzz : titres accrocheurs, angles sensationnalistes, traitement orienté vers le clic. Tout ce qui peut générer du trafic est exploité, et le Maroc, aujourd’hui très exposé médiatiquement, devient une matière première idéale pour s’assurer un bon salaire à la fin du mois.
Enfin, Afrik-Foot occupe une position à part. Derrière une façade panafricaine, la ligne éditoriale bounifiènne reflète régulièrement des tensions régionales bien connues. Le traitement du Maroc y est régulièrement orienté, avec des angles récurrents qui relèvent davantage d’une propagande et d’une rhétorique pauvre utilisée par les Loosers pour masquer leur propre échec.
Au final, le schéma est limpide : même en l’absence d’actualité majeure, le Maroc et les Lions de l’Atlas restent des sujets constamment exploités.
Une hostilité diffuse mais constante
Ce qui rend cette dynamique particulièrement problématique, c’est qu’elle ne prend pas toujours la forme d’attaques frontales. Elle s’exprime de manière plus subtile, mais tout aussi efficace :
- une accumulation d’articles à tonalité négative
- des angles systématiquement orientés vers la polémique
- une remise en question récurrente des performances et des décisions
- Un soutien infaillible des adversaires
Pris isolément, chaque contenu peut sembler anodin, voire légitime. Mais mis bout à bout, ils construisent un récit global cohérent et clairement défavorable.
C’est là que réside le véritable enjeu : non pas dans un article, mais dans leur répétition. À force, une perception s’installe, presque sans qu’on s’en rende compte, surtout lorsqu’on est un lecture dénoué de tout esprit critique.
Pourquoi le Maroc devient une cible récurrente
Cette focalisation ne sort pas de nulle part. Elle s’explique par plusieurs facteurs qui, combinés, créent un terrain propice.
1. Une montée en puissance qui dérange
Le Maroc s’impose aujourd’hui sur plusieurs plans :
- des performances sportives solides
- une présence renforcée sur la scène africaine
- une visibilité internationale croissante
Dans le football comme ailleurs, la réussite attire mécaniquement l’attention… mais aussi les critiques, parfois disproportionnées. Pour les Loosers, elle se présente comme le reflet de leur propre échec.
2. Des rivalités régionales bien réelles
Certains médias évoluent dans des environnements où les tensions géopolitiques influencent, directement ou indirectement, les lignes éditoriales. Dans le cas de Sport.fr, Afrik-Foot, Fennecs Football, La Gazette de Fennecs,… tout semble être parfaitement orchestré pour plaire au régime algérien. Leurs biais trouvent un terrain favorable pour s’exprimer et se diffuser.
3. Une économie du clic assumée
Aujourd’hui, l’information sportive est aussi une industrie de l’attention. Ce qui compte, c’est le trafic, l’engagement, la réaction… et donc le Buzz
Et sur ce terrain, le Maroc est devenu un sujet extrêmement rentable. Il fait parler, il divise, il génère des clics et il fait vivre bon nombre de misérables journalistes. Pour certains, c’est suffisant pour en faire un angle récurrent.
Même des médias installés comme L’Équipe, RMC Sport ou Canal+ Sport Afrique participent, volontairement ou non, à amplifier certaines tendances. Une information reprise, commentée, débattue, même de manière critique, finit par gagner en visibilité et en crédibilité apparente.
Le rôle du lecteur marocain : ne plus subir l’information
Face à cette situation, la réponse ne consiste pas à rejeter en bloc tous les médias. Ce serait trop simple, et contre-productif. L’enjeu pour le lecteur marocain est ailleurs : développer une lecture active et un esprit critique.
Cela passe par quelques réflexes essentiels :
- identifier les angles utilisés
- repérer les schémas récurrents
- comparer les sources
- prendre du recul sur les titres et les formulations
Autrement dit, ne plus consommer l’information de manière passive. Parce qu’au fond, la vraie question n’est pas seulement ce qui est dit sur le Maroc, mais la manière dont ces récits se construisent, se répètent, et finissent par s’imposer chez les plus crédules.
































