À 31 ans, Rabie Hrimat se retrouve à un moment charnière de sa carrière internationale. Capitaine de l’AS FAR et l’un des milieux les plus réguliers de la Botola Pro ces dernières saisons, le champion du CHAN et de la Coupe arabe continue d’enchaîner les performances solides au niveau local.
Mais dans le même temps, la concurrence n’a jamais été aussi forte au sein de l’entre-jeu des Lions de l’Atlas. La question se pose donc avec insistance : Hrimat peut-il prétendre à une place dans l’effectif de Mohamed Ouahbi, notamment en vue de la prochaine Coupe du monde ?
Une concurrence de plus en plus dense
Ces dernières années, la sélection marocaine a vu émerger une nouvelle génération de milieux de terrain évoluant dans les championnats européens et capables d’évoluer au très haut niveau.
Parmi eux figurent notamment Neil El Aynaoui, Ayyoub Bouaddi et Samir El Mourabet, sans oublier des joueurs déjà installés dans la rotation de la sélection comme Sofyan Amrabat et Oussama Targhaline. Il y a aussi Reda Belhayane, Amir Richardson et Oussama El Azzouzi.
Cette densité dans l’entrejeu complique naturellement les perspectives pour un joueur évoluant dans le championnat marocain, aussi régulier soit-il avec son club.
L’expérience africaine, un argument limité pour le Mondial
Certains observateurs mettent en avant l’expérience africaine de Rabie Hrimat, acquise notamment avec l’AS FAR et les sélections locales. Mais cet argument semble avoir une portée limitée lorsqu’il s’agit d’une compétition comme la Coupe du monde.
Le Mondial oppose en effet les meilleures sélections de la planète, avec un niveau d’intensité, de vitesse d’exécution et d’exigence tactique particulièrement élevé. Les adversaires du Maroc seront en grande majorité composés de joueurs évoluant dans les grands championnats européens ou sud-américains. Dans ce contexte, les joueurs habitués à ce niveau de compétition partent logiquement avec une longueur d’avance.
Aujourd’hui, la tendance du football marocain semble clairement privilégier les profils évoluant dans les grands championnats européens. L’objectif est d’aligner des joueurs habitués à affronter régulièrement le très haut niveau.
Face à cette réalité, les chances de Rabie Hrimat d’intégrer durablement l’équipe nationale A apparaissent relativement réduites, surtout à l’approche d’une Coupe du monde où les marges d’erreur sont minimes.
Une utilité possible dans d’autres contextes
Cela ne signifie pas pour autant que le milieu de terrain de l’AS FAR n’a plus aucun rôle à jouer dans l’écosystème des sélections marocaines. Son leadership, sa régularité et sa connaissance du football africain pourraient encore être précieux dans certaines compétitions spécifiques, notamment celles impliquant les joueurs évoluant dans les championnats locaux.
La prochaine Coupe d’Afrique des Nations étant programmée en 2027, sauf éventuel report de la CAF, l’horizon international de Hrimat pourrait davantage s’inscrire dans ce type de compétitions que dans la perspective immédiate de la Coupe du monde.
Au fond, la question dépasse le seul cas de Rabie Hrimat. Elle renvoie à une évolution structurelle du football marocain : la montée en puissance d’une génération formée ou installée en Europe, qui modifie progressivement les équilibres au sein de la sélection.
Dans ce contexte, la véritable interrogation n’est peut-être pas de savoir si Hrimat mérite une chance, mais plutôt de déterminer si la nouvelle hiérarchie du milieu de terrain marocain laisse encore une place à un joueur de son profil.


































