Mohamed Ouahbi
Mohamed Ouahbi

Les matchs amicaux disputés par les Lions de l’Atlas face à l’Équateur et au Paraguay ont marqué un véritable tournant, tant sur le plan mental que tactique. Pour la première fois, l’empreinte de Mohamed Ouahbi s’est clairement affirmée, notamment lors de la victoire 2-1 contre la Albirroja.

Ce succès ne se limite pas à son aspect comptable. Il amorce une transition progressive avec l’ère de Walid Regragui, marquée par une forte charge émotionnelle et des résultats historiques. Une chose est certaine : l’atmosphère au sein de la tanière des Lions de l’Atlas évolue, tout comme l’état d’esprit général.

Un nouveau visage, plus audacieux

Sous Regragui, le Maroc avait construit son succès, notamment lors du Mondial 2022, sur une approche proche du “Cholismo” : un bloc défensif bas, compact et discipliné, combiné à des transitions rapides. Une stratégie redoutable qui avait permis de rivaliser avec les plus grandes nations européennes adeptes du jeu de possession.

Avec Mohamed Ouahbi, le changement est net. Sans chercher à imposer un modèle rigide, le sélectionneur privilégie l’adaptation et la prise d’initiative en cours de match.

Lors des dernières rencontres, les Lions de l’Atlas ont affiché une volonté claire : jouer plus haut, récupérer rapidement le ballon, se projeter vers l’avant en évitant de multiplier les passes en retrait.

Ce virage tactique s’accompagne d’une évolution dans la gestion du groupe. Là où Regragui s’appuyait sur un noyau stable et expérimenté, Ouahbi adopte une approche plus compétitive et dynamique. Le statut ou l’âge ne constituent plus des garanties.

La logique est claire : seule la performance compte. Cette exigence a le mérite de renforcer la concurrence et de dynamiser l’ensemble de l’effectif.

Plus de rigueur, moins d’émotion

Sur le plan mental, l’évolution est tout aussi marquante. Le Maroc version Ouahbi apparaît plus dynamique, plus structuré et plus discipliné tactiquement. Le jeu repose sur un positionnement précis, une coordination collective et une application rigoureuse des consignes.

L’élan émotionnel qui caractérisait parfois l’ère précédente laisse place à une approche plus maîtrisée, plus rationnelle, voire plus scientifique sous la houlette d’El Professor Ouahbi.

Derrière un discours mesuré, le nouveau sélectionneur a rapidement posé un cadre strict. Les nombreux changements opérés lors des matchs amicaux traduisent une volonté claire : tester, évaluer et instaurer une concurrence réelle. Une place dans la liste finale ne sera pas offerte, elle devra être méritée par les performances et la régularité en club.

L’implication, l’intensité et le respect des consignes deviennent des critères déterminants. Gare donc à celui qui ne les respecte pas…

Une animation offensive en mutation

L’un des principaux chantiers reste l’animation offensive. Sous Regragui, les Lions de l’Atlas évoluaient généralement avec un attaquant de pointe classique, comme Youssef En-Nesyri ou Ayoub El Kaabi. Avec Ouahbi, la tendance semble évoluer.

Le système s’oriente vers un 4-3-3 modulable, capable de se transformer en 3-5-2 en phase offensive. Le rôle du faux neuf et la mobilité des milieux offensifs deviennent centraux.

L’objectif est clair : diversifier les solutions et gagner en imprévisibilité face à des adversaires de haut niveau comme le Brésil ou l’Écosse. On notera que les buts marqués face l’Equateur et le Paraguay sont signés par des milieux offensif et relayeur (1x El Khannouss et 2x El Aynaoui)

Des profils en difficulté

Cette évolution tactique ne convient pas à tous les joueurs. Certains profils, notamment les attaquants de pointe traditionnels ou les joueurs moins mobiles, pourraient être fragilisés. Des éléments comme Youssef En-Nesyri, Ayoub El Kaabi, Sofiane Rahimi, voire même Brahim Diaz devront rapidement s’adapter pour rester dans le groupe.

« Nous avons effectué plusieurs rotations pour adresser un message à tout le monde. Une place dans la liste finale est très chère. Elle ne sera donnée à personne facilement. Il faudra se battre et faire preuve d’un engagement total » a expliqué Ouahbi après le match contre la Albirroja.

Le message de Mohamed Ouahbi est sans équivoque : personne n’est intouchable. À l’approche de la Coupe du monde 2026, chaque performance compte. La concurrence s’intensifie à tous les postes, et le niveau d’exigence ne cesse d’augmenter.

Dans ce contexte, certains joueurs accusent déjà un retard à l’image d’Amine Adli et Soufiane Rahimi, voire même Brahim Diaz et Abdessamad Ezzalzouli. Et à ce stade de la préparation, le temps pour convaincre devient de plus en plus limité.

Aujourd’hui, les Lions de l’Atlas se trouvent dans une phase de transition. L’équipe conserve les bases de sa solidité défensive, tout en cherchant à développer un jeu plus ambitieux et plus maîtrisé. Reste à trouver le bon équilibre pour transformer cette évolution en réussite sur la scène mondiale.

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Lions de l'Atlas
Rédacteur spécialisé dans le suivi des Lions de l’Atlas et des joueurs marocains évoluant dans les championnats européens.
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