Depuis la décision du jury d’appel de la CAF, un narratif s’est imposé : celui d’une injustice, d’un verdict “tardif”, d’un titre arraché loin du terrain. Un récit efficace, émotionnel… mais juridiquement fragile. Car il repose sur une confusion majeure.
Non, ce n’est pas un fait de match
Il faut être clair : cette affaire n’a rien d’un fait de jeu. Un fait de match, c’est une action sur la pelouse. Une faute, un penalty, une erreur d’arbitrage. Or, on parle ici de joueurs qui quittent le terrain, sur instruction, interrompent la rencontre, regagnent les vestiaires… puis reviennent une dizaine de minutes plus tard.
👉 Ce n’est plus du football.
👉 C’est du disciplinaire.
Et le règlement est sans ambiguïté : le match ne s’arrête pas à la convenance des acteurs et celui qui quitte la pelouse sans autorisation reçoit un carton jaune. Si c’est toute l’équipe, elle perd la rencontre sur « tapis vert »
Une dizaine de minutes ! ça change tout
Le point central de ce dossier tient en un chiffre : la durée du retrait.
Pratiquement quinze minutes d’interruption. L’arbitre de la rencontre a sifflé le penalty à la 94è et il a fallu 20 minutes au total pour que Brahim Diaz l’exécute.
Ce laps de temps transforme une simple contestation en une interruption volontaire, une rupture du protocole et en atteinte à l’intégrité de la rencontre/
Et comme si cela ne suffisait pas, certains joueurs ont même communiqué sur les réseaux sociaux pendant cette interruption.
À ce stade, on ne parle plus d’émotion… mais de comportement.
Une ingérence sur l’arbitrage qui pèse lourd
À cela s’ajoute un élément encore plus sensible : les déclarations évoquant une intervention externe dans l’arbitrage.
Ces faits sont établis puisqu’ils sont confirmés par le président de la commission d’arbitrage de la CAF. Ainsi, on ne parle plus seulement de discipline, mais d’un problème structurel :
– indépendance de l’arbitre
– application du règlement
– crédibilité de la compétition
Et dans ce cas, la CAF n’avait plus le choix face au solide dossier de la FRMF.
Le faux débat du timing
“Pourquoi deux mois après ?” C’est l’argument le plus répété par les pseudo experts et analyses… Juridiquement, c’est aussi l’argument le moins pertinent.
L’histoire du football est claire :
en 2018, un match entre l’Afrique du Sud et le Sénégal a été rejoué… plus d’un an après, pour corruption.
La conclusion est simple : le temps n’est pas un problème, il est une nécessité car il faut du temps pour monter un dossier de cette ampleur. L’enquête et le recuei des preuves ne se font pas en une heure. On construit juridiquement.
CAF vs TAS : souvent la même décision
Le prochain acte pour le Sénégal uniquement se jouera devant le TAS. Et là encore, beaucoup simplifient.
Oui, le TAS est indépendant.
Oui, il peut annuler.
Mais dans la majorité des cas, lorsque la procédure est respectée et que les règlements sont appliqués correctement (Dans le cas de cette finale, le règlement est le même pour toutes les confédérations et même pour la FIFA : Quitter la pelouse sans autorisation = défaite sur tapis vert)
➡️ le TAS confirme.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les deux instances reposent sur les mêmes bases juridiques.
La différence n’est pas dans les règles… mais dans la rigueur de leur application.
Le vrai enjeu : la solidité du dossier
Au final, tout se résume à une seule question : La CAF a-t-elle juridiquement bétonné sa décision ?
Si oui :
➡️ confirmation
Si non :
➡️ annulation ou ajustement
Les opinions favorables ou hostiles ainsi que la pression médiatique ne serviront rien…
Conclusion : le droit, pas le bruit
Ce dossier ne se gagnera ni sur les réseaux sociaux, ni dans les plateaux télé. Il se jouera sur les faits, les preuves et le respect du règlement.
Et une chose est certaine : on ne juge pas ici un fait de match mais un comportement et un cadre.

































