À son arrivée au Maroc, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a tenu à délivrer un message diplomatique appuyé en faveur du Royaume et de ses institutions.
« Je suis ici pour exprimer mon profond engagement personnel envers le peuple marocain, ainsi qu’au nom des 54 associations membres représentant les pays africains. »
Une première déclaration qui s’inscrit dans le registre institutionnel habituel, mais qui peut prêter à discussion au regard du contexte actuel. Toutes les fédérations du continent ne partagent pas nécessairement cette position, notamment dans un climat marqué par des tensions récentes autour de la CAN 2025. Les fédérations du Sénégal, de l’Algérie et de l’Egypte ne montrent pas du tout cet engagement.
Dans ce discours à forte portée diplomatique, Patrice Motsepe a également étendu ce message aux plus hautes autorités marocaines : « Nous exprimons notre profond engagement envers le peuple marocain, la Fédération Royale Marocaine de Football, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, ainsi que le gouvernement marocain. »
Un positionnement qui traduit avant tout une volonté d’apaisement et de consolidation des relations institutionnelles, dans un contexte où l’équilibre du football africain reste fragilisé.
Un hommage appuyé au Maroc et à sa gouvernance
Dans un discours particulièrement appuyé, Patrice Motsepe a insisté sur la qualité du travail mené par la Fédération Royale Marocaine de Football. « Nous voulons travailler main dans la main avec la Fédération Royale Marocaine de Football, sous le très bon leadership de mon frère Fouzi Lekjaa. »
Le président de la CAF est allé plus loin en évoquant « l’amour profond » porté au Maroc et à ses institutions, soulignant la place centrale du Royaume dans le développement du football africain.
CAN 2025 : une déception assumée
Mais au-delà des messages de soutien, Patrice Motsepe a également abordé le sujet sensible de la CAN 2025. « J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises ce qui s’est passé lors de la finale. Je suis extrêmement déçu, extrêmement déçu. »
Une déclaration forte, qui confirme que les événements entourant cette édition ont marqué les instances de la CAF.
Face à cette situation, le président de la CAF a annoncé des changements importants. « Nous mettons en place des modifications de nos statuts et de nos règlements, ainsi que de ceux de la CAN, afin de corriger certaines faiblesses. »
Règlements FIFA et CAF
Il a tenu à rappeler que les règlements actuels sont alignés sur les standards internationaux : « Les compétitions de la CAF sont basées sur les règlements de la FIFA et comptent parmi les meilleurs au monde. »
Une précision loin d’être anodine. Elle souligne que le cadre réglementaire de la CAF s’inscrit dans la continuité des principes établis par la FIFA.
Dans ce contexte, les décisions prises au niveau continental reposent sur une base juridique harmonisée avec les normes internationales. Cela implique, en théorie, une cohérence d’interprétation entre les différentes instances du football mondial.
Autrement dit, les positions de la CAF ne peuvent être totalement dissociées de l’esprit des règlements de la FIFA, même si chaque instance conserve sa propre autonomie dans l’application et l’interprétation de ces textes.
A ce titre, Motsepe reconnaît également la nécessité d’évoluer : « Il est clair pour nous que certains de ces règlements doivent être modifiés… »
Vers un durcissement des sanctions
Enfin, Patrice Motsepe a insisté sur un point clé : le respect des règles. « Pour certaines violations, les sanctions doivent être proportionnelles et appropriées. »
Avant de conclure sur l’enjeu global : « Nous devons faire en sorte que le respect de nos règlements reflète notre détermination à garantir que le football africain soit respecté et compétitif à l’échelle mondiale. »
Une visite au cœur d’une crise majeure
Ces déclarations, prononcées depuis le Maroc, confirment que la CAN 2025 a laissé des traces profondes au sein du football africain.
Entre soutien affiché au Maroc et volonté de réforme, la CAF tente désormais de reprendre la main sur un dossier devenu à la fois sportif, juridique et institutionnel.



































