Le parcours de Neil El Aynaoui illustre parfaitement une question qui traverse aujourd’hui le football marocain : où doivent évoluer les Lions de l’Atlas pour maximiser leur progression et leur impact international ?
À l’heure où le niveau du Maroc ne cesse de s’élever, le choix du championnat devient un facteur déterminant dans la carrière des internationaux.
La Serie A, un championnat en déclin
Souvent critiquée pour une perte d’attractivité, la Serie A reste malgré tout un environnement exigeant, mais en déclin. Pour un joueur comme Neil El Aynaoui, ce championnat devrait offrir une rigueur tactique élevée, une intensité stratégique et une lecture du jeu affinée à condition que le Lion de l’Atlas enchaine les titularisations avec son club de l’AS Roma.
Autant d’éléments essentiels pour un milieu de terrain moderne. Mais cette progression technique s’accompagne d’un inconvénient : un niveau global en déclin et une visibilité médiatique plus faible que dans d’autres ligues majeures.
La Serie A, un terrain peu favorable aux Lions de l’Atlas ?
Au fil des années, la Serie A ne s’est pas imposée comme un championnat particulièrement propice à l’épanouissement des internationaux marocains.
Si, par le passé, des profils comme Mehdi Benatia ou Houssine Kharja ont su s’y imposer avec réussite, cette dynamique semble aujourd’hui appartenir à une autre époque. Ces dernières saisons, plusieurs joueurs marocains ont tenté l’aventure italienne, sans parvenir à s’y installer durablement.
Le cas de Sofyan Amrabat illustre cette réalité : malgré un passage remarqué à la ACF Fiorentina, le milieu marocain n’a jamais totalement franchi un cap en Serie A sur la durée.
D’autres profils plus récents ont également rencontré des difficultés d’adaptation ou de continuité, à l’image d’Amir Richardson, Oussama El Azzouzi, Anass Salah-Eddine, Reda Belahyane, Zakaria Aboukhlal, Abdou Harroui ou encore Mohamed Ihattaren.
Même des joueurs formés en Italie éprouvent des difficultés à s’imposer en Seria A de manière régulière. On pense notamment aux Lions de l’Atlas, Adam Masina et Walid Cheddira auxquels on pourrait ajouter Youssef Maleh et Hachim Mastour.
Championnat exigeant ou spécifique ?
Cette tendance ne s’explique pas uniquement par le niveau des joueurs. La Serie A reste un championnat à part, marqué par :
- une rigueur tactique très poussée
- une exigence défensive élevée
- une adaptation souvent lente pour les profils offensifs ou polyvalents
Autant de facteurs qui peuvent freiner l’intégration, notamment pour des joueurs issus de championnats plus ouverts.
Une incompatibilité de profils ?
Au-delà des cas individuels, cette accumulation de parcours mitigés pose une question plus large : existe-t-il une forme d’incompatibilité entre le profil type des internationaux marocains et les exigences du football italien actuel ?
Le jeu des Lions de l’Atlas, basé sur la technique, la projection et la créativité, semble parfois plus en phase avec des championnats comme la Liga ou la Premier League.
Si certains joueurs ont réussi à tirer leur épingle du jeu ponctuellement, la tendance globale reste à une intégration difficile à l’image de celle de Neil El Aynaoui avec l’AS Roma.
Ce constat ne remet pas en cause la qualité du championnat italien ni celle des joueurs marocain, mais interroge davantage sur la pertinence de ce choix de carrière pour certains profils.
Liga et Bundesliga : des alternatives crédibles
En plus de la Ligue 1, d’autres championnats offrent un équilibre intéressant comme la Liga pour la maîtrise technique et le jeu de possession et la Bundesliga pour le rythme et la formation des jeunes
Ces ligues permettent souvent une progression plus progressive, tout en conservant une forte visibilité.
L’équation marocaine
Le Maroc a franchi un cap depuis la Coupe du monde 2022. Désormais, l’exigence est différente. Les cadres évoluent dans les plus grands clubs européens, ce qui élève le standard global de la sélection.
Résultat : les choix de carrière des internationaux deviennent stratégiques pour rester compétitifs en sélection.
Il n’existe pas de réponse unique. Tout dépend du profil du joueur. Et dans ce schéma, Neil El Aynaoui se situe à un moment charnière de sa carrière.



































