Supporters marocains
Supporters marocains

À l’issue de la réunion du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), tenue ce dimanche au Caire, son président Patrice Motsepe a annoncé une réforme majeure : le passage du format de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de 24 à 28 équipes.

Une décision ambitieuse sur le papier, mais qui soulève de nombreuses interrogations sur le plan organisationnel et logistique. En effet, déjà avec un format à 24 équipes, très peu de pays africains disposent des infrastructures, des capacités d’accueil et des ressources nécessaires pour organiser une CAN dans des conditions optimales.

Dans ce contexte, envisager une compétition élargie à 28 sélections semble accentuer un déséquilibre déjà existant. La réalité est que de nombreuses nations africaines hésitent à se porter candidates, principalement en raison des coûts élevés et du risque de pertes financières, comme l’a reconnu Patrice Motsepe.

Face à ce manque de candidatures, le Maroc apparaît régulièrement comme une solution de recours, poursuit le Président de la CAF. Grâce à ses infrastructures modernes, son expertise organisationnelle et sa crédibilité internationale, le Royaume est souvent sollicité pour « sauver » certaines compétitions, y compris celles jugées moins rentables comme la CAN féminine ou les tournois de futsal.

Cependant, cette dépendance quasi systématique pose question. Car même si le Maroc dispose des moyens nécessaires, cela ne signifie pas pour autant une volonté automatique d’accueillir toutes les compétitions. Organiser une CAN, surtout dans un format élargi ou non, implique une volonté politique, une mobilisation logistique, économique et humaine considérable.

Par ailleurs, au-delà des infrastructures, il existe aussi une dimension sociale et populaire. Accueillir une compétition continentale de grande envergure nécessite une adhésion pleine et entière de la population, ce qui n’est pas toujours acquis, notamment dans un contexte où les supporters marocains expriment des réserves quant à la venue de certaines sélections ou à la répétition des événements chez eux. En clair, les marocains ne veulent pas accueillir une CAN de sitôt, pas avant 2050 plaisent certains…

Ainsi, si Patrice Motsepe salue les capacités du Maroc et son rôle central dans l’organisation des compétitions africaines, il n’en demeure pas moins que cette situation révèle une fragilité structurelle du football africain : un manque de pays capables, et surtout désireuxn d’accueillir ce type d’événements sans se voir attaquer de favoritisme et de corruption par les loosers et les incapables du continent.

Dès lors, l’élargissement de la CAN à 28 équipes pourrait accentuer cette dépendance envers un nombre très limité de pays, au lieu de favoriser une répartition plus équilibrée de l’organisation des compétitions à travers le continent.

En somme, derrière cette réforme ambitieuse se cache un véritable défi : concilier expansion sportive et réalité économique, sans reposer systématiquement sur les mêmes nations.

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Lions de l'Atlas
Rédacteur spécialisé dans le suivi des Lions de l’Atlas et des joueurs marocains évoluant dans les championnats européens.
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