Ounahi et Aznou - Lions de l'Atlas
Ounahi et Aznou - Lions de l'Atlas

À chaque sortie d’un nouveau maillot d’équipe nationale, les réactions affluent, entre enthousiasme, critiques et comparaisons avec les générations précédentes. Beaucoup pensent que l’équipementier , qu’il s’agisse de Puma, Nike, Adidas ou d’une autre marque, crée librement les designs des maillots et les impose aux sélections.

En réalité, la procédure est bien plus encadrée : le choix final du design revient toujours à la fédération nationale, et non à l’équipementier, dont le rôle est d’exécuter et de proposer.

La conception d’un maillot répond à un processus collaboratif précis. Tout commence par une réunion entre la fédération et l’équipementier pour définir les lignes directrices : couleurs officielles, symboles nationaux, motifs culturels autorisés, et les valeurs que le maillot doit transmettre. La fédération communique également ses exigences protocolaires, notamment la position du blason, l’intégration éventuelle du drapeau, ou les éléments liés à l’histoire du pays.

Sur cette base, l’équipementier élabore plusieurs prototypes. Ces maquettes incluent différentes variantes de motifs, de textures, de nuances et de décors inspirés de la culture nationale, qu’il s’agisse d’éléments architecturaux, artistiques ou traditionnels. Les premières propositions sont ensuite renvoyées à la fédération, qui évalue, modifie, demande des ajustements et oriente la direction esthétique.

Contrairement à une idée répandue, l’équipementier ne choisit jamais seul. Il exécute, propose, innove, mais ne valide pas. Les fédérations analysent également la dimension technique : confort, respirabilité, matériaux, coupe et performance. Les joueurs eux-mêmes testent parfois certains prototypes afin de garantir que le maillot répond aux exigences du haut niveau.

La décision finale appartient toujours à la fédération. Aucun modèle n’est produit ni commercialisé sans son accord officiel. C’est elle qui valide le design, la symbolique, les couleurs et les détails esthétiques. Une fois le modèle approuvé, l’équipementier passe à la phase industrielle et coordonne avec la fédération la stratégie de communication : lancement officiel, photos promotionnelles, campagnes marketing et mise en avant des valeurs culturelles et sportives.

Ainsi, lorsque les supporters critiquent ou saluent un design, c’est bien la fédération, et non l’équipementier seul, qui en porte la responsabilité. L’équipementier réalise et propose, mais c’est la fédération qui tranche, car elle est garante de l’image nationale et du respect de l’identité visuelle du pays.

Dans un contexte où les maillots sont devenus des objets culturels autant que sportifs, cette précision rappelle l’importance stratégique des choix opérés par les fédérations. Le maillot n’est pas seulement un vêtement : il représente une identité, une histoire et une nation. Et c’est bien aux fédérations qu’il revient de veiller à ce que cette identité soit honorée à chaque nouvelle génération de designs.

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