Depuis plusieurs années, le Maroc s’impose progressivement comme une véritable plaque tournante du football africain. Entre l’organisation régulière de compétitions continentales, le développement d’infrastructures modernes et l’installation de bureaux stratégiques de la CAF et de la FIFA sur son territoire, le Royaume renforce son influence à tous les niveaux du football africain.
Cette montée en puissance ne passe évidemment pas inaperçue surtout depuis l’inauguration du bureau central de la FIFA à Rabat en juillet 2025 et du siège de l’Association des Clubs Africains (ACA). Elle s’accompagne même de discussions de plus en plus insistantes autour d’un possible transfert du siège de la Confédération africaine de football du Caire vers Rabat. Un scénario encore hypothétique, mais suffisamment crédible pour alimenter les débats, les propagandes… et certaines tensions.
Dans ce contexte, la virulence de certains médias égyptiens à l’égard du Maroc peut difficilement être dissociée de ces enjeux géopolitiques et sportifs. Car au-delà des polémiques ponctuelles, comme celle liée à la finale de la CAN 2025, se joue en réalité une lutte d’influence.
L’Égypte, historiquement au cœur du pouvoir footballistique africain avec la présence du siège de la CAF au Caire, voit aujourd’hui émerger un concurrent sérieux, structuré et ambitieux. Le Maroc ne se contente plus d’être un acteur sportif performant, il devient aussi un hub organisationnel et décisionnel.
Dès lors, certaines critiques médiatiques peuvent être interprétées comme l’expression d’une inquiétude face à un possible rééquilibrage des centres de pouvoir en Afrique. Cela ne justifie en rien les attaques excessives ou les accusations infondées, mais permet d’en comprendre, au moins en partie, les motivations.
Car il faut distinguer deux choses :
– une rivalité d’influence légitime entre grandes nations du football africain
– et une campagne médiatique virulente, parfois déconnectée des réalités juridiques et sportives
Le Maroc, de son côté, avance avec une stratégie claire : investir, organiser, structurer. Mais cette exposition accrue implique aussi une contrepartie inévitable, celle d’être davantage scruté, critiqué… voire ciblé.
Au final, la question n’est peut-être pas de savoir si cette campagne est justifiée, elle ne l’est pas dans sa forme, mais plutôt de comprendre qu’elle s’inscrit dans un rapport de forces en pleine évolution au sein du football africain.
Et dans ce jeu d’influence, une chose est sûre : le Maroc n’est plus un simple acteur… il est devenu un centre de gravité qui dérange fortement les loosers qui voient la réussite du Royaume comme un reflet criant de leur propre échec.







