Avec M’bark Boussoufa, il est l’un des Lions de l’Atlas qui ont été au rendez-vous à la CAN en dépit de l’élimination précoce face au Bénin. Romain Saïss n’a pas encore digéré ce terrible échec car, comme tous les marocains, il aspirait à aller très loin dans cette compétition.

«L’élimination prématurée du Maroc dès les huitièmes de finale de la CAN par le Bénin (1-1 a.p., 1 t.a.b. à 4) est-elle effacée ?
Romain Saiss : Je ne vous cache pas que les jours qui ont suivi ont été un peu durs. Difficile de trouver le sommeil. Les nuits étaient courtes. Avec beaucoup de déception, forcément. J’espère que les deux semaines de vacances avant la reprise vont me permettre de passer facilement à autre chose et vont faire du bien à la tête. Quand tu es en famille, tu arrives à relativiser, malgré le fait que ce soit un échec. Car c’est un échec, il faut le dire. 

À quoi pense-t-on pendant ces nuits où on ressasse un tel échec ?
Il y a plein de choses qui passent par la tête. Notamment un sentiment de honte parce qu’on est le Maroc, on aspirait à aller très loin dans cette compétition. Et sans manquer de respect au Bénin, quand tu te fais sortir par cette équipe alors que tu avais la possibilité d’aller loin, c’est rageant. Les gens nous en auraient moins voulu si on avait perdu contre le Sénégal ou l’Algérie. Là, face au Bénin, on était supposés être au-dessus. Mais comme je l’avais dit avant le match, cela ne fait pas tout et il ne fallait pas prendre cette rencontre de haut et penser que ça allait être facile, sinon on allait passer au travers.

Comment avez-vous accueilli les réactions forcément déçues, si ce n’est plus, du peuple marocain ?On était tellement bien après cette phase de poules que perdre comme ça… Enfin, ce n’est même pas perdre ! Tu te dis que tu quittes la CAN sans avoir perdu un match. Au final, tu as fait trois victoires et un nul. Ç’a été un coup de massue pour tout le monde. Tout le monde est tombé de haut. Au début, ce n’est pas que tu ne réalises pas, mais tu es un peu sonné.
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