Le président du Fath Union Sport de Rabat, Hamza El Hajoui, est aussi le vice-président de la Fédération royale marocaine de football. Présent en Égypte au plus près des Lions de l’Atlas pendant la CAN, c’est en sa qualité de membre fédéral qu’il a tenté d’expliquer les raisons de cet échec retentissant, dans une interview exclusive à nos confrères du 360.

Quel bilan tirez-vous de la CAN des Lions de l’Atlas?

« Le bilan est en sans aucun doute décevant puisque l’équipe nationale se devait d’atteindre au moins le dernier carré de cette CAN au vu de l’effectif dont nous disposons. Le premier tour était sans aucun doute très positif avec trois victoires en trois rencontres dont une prestation très aboutie face à la Côte d’Ivoire. Le huitième de finale était quant à lui paradoxal puisque l’équipe nationale a dominé les débats tout au long de la rencontre mais s’est fait éliminer finalement aux tirs au but ».

L’objectif du dernier carré n’a pas été atteint, comment l’expliquer?

« Il y’a sans aucun doute plusieurs raisons à cette contre-performance et parmi elles le manque de réussite notamment lors de la rencontre face au Bénin. L’équipe nationale s’est procuré un bon nombre d’occasions de but sans les concrétiser. Si on souhaite ensuite parler des joueurs ou du staff, n’oublions pas qu’avant cette CAN, le Maroc a dominé son groupe lors des éliminatoires en décrochant sa qualification lors de la 5ème journée. Il est donc aujourd’hui encore tôt pour comprendre les raisons de cette contre-performance, tant cette équipe a été efficace lors des éliminatoires, mais également lors du premier tour ».

Qui est responsable de cet échec?

« Je dirai un peu tout le monde à savoir le staff, les joueurs et même la FRMF. Bien évidemment chacun a un degré de responsabilité différent car cette dernière a donné tous les moyens possibles pour permettre à l’équipe d’aller loin lors de cette compétition. Le soutien a été moral et logistique, individuel et collectif.

« Le staff et les joueurs étaient également bien conscients de la responsabilité qui pesait sur leurs épaules et avaient cœur de rendre heureux les millions de supporters marocains, mais malheureusement le football est fait ainsi ».

Que pensez-vous des prestations de Ziyech pendant cette CAN?

« J’ai lu énormément de critiques à l’encontre de Hakim Ziyech suite à ses performances mais sur le plan personnel je suis contre le fait de blâmer une seule personne après une contre-performance qui est avant tout collective. Hakim est un grand joueur qui a fait ses preuves avec l’Ajax Amsterdam face aux meilleurs clubs européens. Si on fait le parallèle avec une autre compétition qui se jouait en même temps à savoir la Copa América, Lionel Messi n’a pas pesé avec sa sélection mais ça n’enlève en rien la qualité du joueur. Je reste persuadé que Hakim est et restera l’une des valeurs sûres de la sélection lors des années à venir ».

Est-ce un drame de sortir dès les huitièmes face au Bénin?

« Si on compare les deux formations sur le papier, on aurait tendance à dire oui, mais aujourd’hui il n’existe plus de petites équipes notamment sur le plan tactique. Une équipe comme le Bénin a joué avec sa qualité à savoir bien défendre. Il est toujours compliqué d’affronter de telles formations car la surprise peut survenir à n’importe quel instant. La séance des tirs au but s’est ensuite jouée à la roulette russe et malheureusement la réussite n’était pas de notre côté ».

Le Maroc s’est-il vu trop beau après le premier tour?

« Je pense sincèrement que non car ce serait alors une faute professionnelle de la part de tout le monde. Il ne faut jamais sous-estimer un adversaire quel qu’il soit surtout dans le football actuel ».

Comment s’est passé le séjour des Lions en Égypte? Vous étiez sur place, racontez-nous l’ambiance au sein de la tanière…

« L’ambiance était réellement au beau fixe surtout après les trois victoires de la phase de groupe. Tous les joueurs étaient bien intégrés dans le collectif et tout se passait sereinement. J’ai assisté à toutes les rencontres en compagnie du Président Fouzi Lekjaa et je n’ai décelé aucun incident. D’ailleurs les médias ont assisté à la majorité des entraînements et ont pu observer tout ceci ».

Quid d’Hervé Renard?

« En tant que sélectionneur il est au premier rang pour tous les observateurs car il est la seule personne habilitée à convoquer les joueurs et il est responsable de la tactique mise en place. Mais comme je l’ai dit précédemment il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions hâtives et surtout trouver des boucs émissaires. Le comité directeur de la FRMF, sous la présidence du Président, Monsieur Fouzi Lekjaa, se réunira très prochainement pour faire un bilan détaillé de cette CAN afin de prendre les meilleures décisions »