240 rencontres et 547 buts. Du suspense et des déceptions. Des attaquants en verve. Des nouveautés, des revenants et bien d’autres choses encore. Pour vous, Libé a compilé les faits marquants de cette saison 2018-2019. En toute subjectivité évidemment. 

La reconquête du Wydad 
Les yeux étincelants de bonheur, le peuple rouge et blanc a fêté en grande pompe le 20ème titre de son histoire, envoyant aux oubliettes la parenthèse enchantée vécue par l’Ittihad de Tanger, la saison dernière. L’accomplissement d’un exercice mouvementé et indécis jusqu’aux ultimes journées, mené de main de maître par Faouzi Benzarti.  
Bien que son Wydad n’ait pas fait frissonner de plaisir les amateurs du beau jeu, le coach tunisien a quand même eu le mérite de participer à l’éclosion de jeunes talents (El Amloud, Moutarajji). Cela dit, il aurait pu en être autrement. Lui qui n’a pas pu résister à l’appel des Aigles de Carthage en début de saison. A son plus grand étonnement, il sera démis de ses fonctions, trois mois plus tard. 
Entre-temps, les coachs se sont succédés sur le banc du WAC (Sektioui, Girard, Ndaw). Une instabilité qui a engendré des résultats plus que décevants : perte du titre continental en quart de finale, élimination en Coupe arabe des clubs champions et un premier tiers du Botola en dents de scie. Des faux pas qui ont poussé les dirigeants du WAC à rappeler à la rescousse Benzarti, avec pour principaux objectifs, reconquérir son graal sur le plan national et surtout regoûter au succès sur la scène continentale. Pari «presque» réussi. 

Le podium du  
Hassania d’Agadir

L’élimination injuste en Coupe de la Confédération face au Zamalek n’a pas plombé la fin de saison du Hassania. Les protégés du technicien argentin Gamondi ont composté sur le fil, leur billet pour la prochaine édition de la Coupe de la CAF, aux dépens de l’OCS, qui n’aura pas démérité. Dans le sprint final, le HUSA a récolté sept points sur neuf. S’il y a pas mal de choses à améliorer en termes de fond de jeu, les Soussis ont fait preuve d’abnégation, de solidarité et d’une défense en socle d’airain. La meilleure arrière-garde du championnat (22 buts encaissés en 30 matchs), oscillant entre défense à trois ou à quatre tout au long de la saison, a acquis au fil des mois une flexibilité tactique surprenante. La progression du HUSA illustre parfaitement les vertus de la stabilité et de la continuité. Chapeau bas. 

L’appétit des promus
La peur de l’ascenseur. Cette crainte qui affecte chaque club de seconde division au moment de se frotter aux joutes de l’élite, n’a pas tourmenté le Mouloudia d’Oujda et le Youssoufia de Berrechid. Sans complexe, désinhibés, les promus ont rapidement atteint l’objectif maintien. Mieux, ils sont allés chercher leurs places avec panache en proposant du jeu et de l’allant offensif, avec des idées claires quand bien même ils ont levé le pied lors des dernières journées. Espérons que le Raja de Béni Mellal et la Renaissance de Zemamra, seront animés du même état esprit. Dans l’autre sens, le KACM et le CRA, relégués, ont payé le tribut d’un projet sportif illisible, symbolisé par un mercato incompréhensible et sans aucune ligne conductrice. 

Mouhcine Iajour  
n’est pas cuit

Et si c’était finalement, lui, l’homme de la saison. Pour la seconde année consécutive, le droitier qui fêtait la semaine dernière ses 34 ans, a magnifié l’animation offensive du Raja par son sens du but aiguisé, en étant impliqué dans quasiment la moitié des 56 buts de son équipe. Bien sûr, avec 19 unités au compteur, pour quatre assistances, il n’a pas pu pulvériser tous les chiffres, mais il a été d’un réalisme impressionnant, cadrant 38 des 67 tirs qu’il aura tentés. Bref, il a tourmenté les défenses lors d’une saison qui aura connu une densité d’avants-centres jamais vue auparavant, avec sept attaquants à plus de 10 buts. Parmi eux, seul Laba Kodjo a pu tenir le rythme de Mouhcine Iajour, avec le même nombre de réalisations. S’il faut quand même les mettre au fond, le bilan du Togolais est quelque peu contrasté par les penaltys qu’il a marqués (six contre un seul pour Iajour). 

Enfin, et on doit vous avouer qu’on aurait bien aimé s’en passer, difficile de ne pas faire mention de ce qui a fait grincer nos dents. A commencer par l’insupportable attitude de certains supporters. Entre envahissement de terrain et ignobles agressions, certaines brebis galeuses n’ont vraiment pas fait honneur au football national. La programmation du calendrier, elle non plus, n’a pas été à la hauteur d’un championnat qui revendique son professionnalisme à tort et à travers. Certes, le chevauchement des Coupes africaines lors d’une seule et même saison, s’apparente à des circonstances atténuantes, cependant, certaines programmations de rencontres sont allées au-delà de tout bons sens, à l’instar des années précédentes. Décevant.