Double vainqueur de la Coupe d'Afrique des Nations, le sélectionneur du Maroc,Hervé Renard, a accepté de dévoiler sa vision du football dans un entretien 100% tactique. Humilité et adaptabilité sont les maîtres-mots du technicien français.
La venue au football
« J’ai commencé ce sport à 7 ans. C’est un ami qui m’a amené au football et depuis cette époque, la passion ne m’a jamais quitté. Très vite, l’envie m’est venue de devenir entraîneur pour rester dans ce milieu après avoir arrêté de jouer. »
Les principes de jeu
« Si je devais citer des principes de jeu, en voyant ce qui se fait aujourd’hui au plus haut niveau, ça serait un pressing haut, une récupération rapide du ballon, un temps de réaction très court dans la transition. De cette façon, on récupère la balle dans le camp adverse et on se retrouve rapidement face à la cage. Ce football ne peut être pratiqué qu’avec des joueurs de grande qualité et une organisation parfaite. C’est bien d’avoir la balle, mais le vrai danger est dans le fait de la perdre rapidement, car vous vous exposez énormément et ça devient compliqué. Les équipes très fortes techniquement ont la maturité de ne pas perdre le ballon dans des zones cruciales. »
La définition du bon coach
« C’est une réponse difficile à donner. C’est quelqu’un qui a une capacité d’adaptation au dessus de la moyenne. On a l’habitude de dire qu’un bon coach est celui qui gagne des choses, mais ce n’est pas toujours vrai. Il y a de grands coachs qui sont passés à côté d’un riche palmarès, car le palmarès se construit aussi grâce aux qualités des équipes que vous entraînez. »
La meilleure tactique, une garantie de victoire ?
« Non pas forcément. Votre équipe peut-être parfaite au niveau tactique, mais si l’adversaire possède des qualités techniques bien supérieures aux vôtres, normalement, la technique l’emportera sur la tactique. »
Le schéma préférentiel
« Je n’en n’ai pas. Le meilleur schéma est celui qui s’adapte le mieux à l’effectif qu’on a sous la main. Rien d’autre. »
Le système ou les joueurs, quelle priorité ?
« Ce sont les joueurs parce que si vous avez une équipe beaucoup plus faible techniquement, vous devez vous adapter. Choisir un bloc assez bas avec une capacité importante à contrer. Il y a tellement de choses possibles dans le football… Maintenant, si vous demandez ce que je préfère, ce sont les équipes comme le Barça, Manchester City, qui pressent très haut et gardent le ballon la plupart du temps. Mais, encore une fois, il faut avoir les joueurs à disposition pour prétendre le faire. »
Entraîneur et sélectionneur, deux métiers différents ?
« Oui, oui, ce sont deux métiers différents. Différents dans l’approche, la qualité de vie. Quand on est sélectionneur, il peut y avoir un manque de compétition, ça arrive. On comble ça en regardant énormément de matchs et en suivant les joueurs qu’on est susceptible de sélectionner. Ça ne remplace pas le fait de s’asseoir sur le banc de touche et de vibrer sur le bord du terrain chaque semaine. Il y a du positif dans les deux fonctions, mais je préfère celle qui me donne l’occasion de manager l’équipe la plus performante possible (rires). En club, je n’ai pas eu la chance de diriger des formations très performantes, à part à Sochaux en deuxième partie de saison, mais on est parti de trop loin… Le raccourci a été très vite trouvé par les journalistes, comme quoi je n’étais pas fait pour un club, mais je pense que c’est complétement faux. »
Son hyperactivité sur le banc
« J’ai une voix qui porte. Par rapport à certaines personnes, c’est encore plus accentué. Quand tactiquement ou dans l’utilisation du ballon, il y a des choses qui me dérangent, je le fais savoir. Je vis un match de l’intérieur en faisant abstraction de ce qu’il y a autour et parfois on est un peu pris par l’événement. Il m’arrive aussi d’avoir des moments de calme complet. Notamment durant les séances de penalties où l’on ne maîtrise pas grand chose. Il faut rester calme et intérioriser sans montrer la moindre faille.
»La gestion des conflits
« Avec moi, c’est direct. Je regarde les gens droit dans les yeux et on s’explique. Je n’ai pas de difficulté à dire la vérité aux gens quand ils sont en face de moi et j’attends la même chose d’eux. Comme ça, c’est clair. Quand il y a un conflit entre deux joueurs, on en parle. Le dialogue peut résoudre beaucoup de choses. Dans ces moments là, c’est souvent les egos qui interviennent donc c’est un peu plus difficile à gérer. »
Sa réputation défensive
« J’estime que pour bien attaquer il faut déjà bien défendre. Si on attaque très bien mais qu’on n’est pas en mesure de défendre correctement contre des équipes très performantes, on ne réussira pas à obtenir ce qu’on veut. C’est la clé. »

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