En poste depuis 2014, l’entraîneur du Fath Union Sport, Walid Regragui, était sous le feu des critiques la saison dernière, suite au parcours catastrophique du club dans la Botola. Le technicien marocain, qui détient le record national de pérennité en tant que coach à la tête d’une équipe au Maroc, entame une nouvelle saison, avec comme base cette même philosophie de la formation prônée par le club rbati et l’ambition de terminer la saison parmi les équipes de tête. Mardi dernier, au cours de la Journée portes ouvertes organisée par le FUS, Regragui s’est prêté au jeu des questions du «Matin» sur sa nouvelle saison avec le club. Préparation de présaison, nouveaux recrutements et objectifs pour la saison 2019-2020, l’ancien joueur des Lions de l’Atlas a livré ses impressions sur cette nouvelle année avec le FUS.

Le Matin : Comment s’est déroulée la préparation de pré-saison et quelles sont votre priorité et votre stratégie pour la saison qui s’annonce ?
Walid Regragui : La priorité déjà est de continuer à attirer le public avec un jeu plaisant, chose qu’on a pu faire lors des trois, voire les quatre premières saisons. C’est vrai que l’année dernière on n’a pas joué à notre niveau réel, surtout en termes de possession. On a surtout beaucoup défendu. Donc pour cette année, la priorité est d’avoir de bonnes sensations sur le plan du jeu, du spectacle, marquer des buts et puis si on arrive en plus à gagner le plus de matchs possibles, ce serait parfait. L’objectif étant de faire revenir le public sur les gradins grâce à notre style de jeu.

Le club a choisi de miser sur cinq recrutements cette saison, comment trouvez-vous les nouveaux joueurs ? Vous ont-ils donné satisfaction ?
On avait ciblé un défenseur central d’expérience pour accompagner nos jeunes, Marouane El Wadni et Mohammed Saoud, on voulait quelqu’un qui avait déjà joué en Europe. C’est le cas de Mahamadou N’Diaye (29 ans, ES Troyes AC, NDLR). On voulait aussi un milieu de terrain expérimenté, ce qui est le cas de l’international mauritanien Dialo Guidileye (29 ans, ES Troyes AC, AS Nancy-Lorraine, Gençlerbirliği SK), qui a déjà évolué en Ligue 1 en France et en première division turque. Et offensivement on voulait amener un peu de poids devant, avec un peu plus de qualité, c’est ce qu’on a fait avec Reda Jaadi (24 ans, Standard de Liège, Lille OSC, Club Bruges KV). À côté de ça, il y a Yassir Jarici qui est revenu au bercail et qui nous aidera à stabiliser notre défense et apportera son expérience au sein du groupe et sur le terrain. Et on espère finaliser le groupe avec un attaquant, si c’est le cas, ça serait parfait.

L’équipe entame sa saison par un premier match en 16es de finale de la Coupe du Trône face au MC Oujda. Comment est-ce que vous appréhendez ce match ?
L’objectif est bien sûr la qualification. On sait qu’en Coupe, le jeu importe peu malheureusement. Donc le but est de se qualifier au tour suivant. On sait que le MCO a de l’ambition cette saison, il a engagé un entraîneur expérimenté qui a gagné des titres, connu en Afrique et qui connaît très bien la Botola (Abdelhak Benchikha, NDLR). Le club a recruté des joueurs d’expérience aussi, je pense que c’est un match qui se jouera sur des détails. On sait que l’on a 90 minutes, voire plus pour se qualifier. Et comme c’est le premier match de la saison, il y a beaucoup d’attente. Si on passe, l’équipe engrangera de la confiance avant d’aborder le Championnat. Mais on respecte beaucoup cette équipe d’Oujda. L’année dernière ils nous ont battus à l’aller et au retour de la Botola, c’est pour cela qu’on a une revanche à prendre.

Est-ce que le FUS va dépasser un peu l’étiquette de club formateur qui lui colle à la peau pour aller chercher des titres cette saison ?
On reste sur la philosophie du club. Toutefois, si on peut se permettre de gagner un titre, on ne se gênera pas. Mais on sait qu’il y a des cylindrées qui sont plus fortes que nous sur le papier, qui ont des budgets plus importants et plus de public et qui sont bien armées pour le Championnat. Même si sur la Coupe, on sait qu’il y a toujours des surprises. C’est pourquoi on espère beaucoup au niveau de la Coupe du Trône. Et même dans le Championnat, pourquoi n’irions-nous pas titiller les clubs forts ? Cette saison, il y a beaucoup de clubs ambitieux, à l’instar de la RS Berkane, le Raja et le Wydad de Casablanca qui seront toujours là, l’AS FAR, qui a changé d’entraîneur et a totalement renouvelé l’effectif. L’IR Tanger a à cœur de revenir sur le devant de la scène, le Difâa d’El Jadida aussi. Donc il y a une dizaine d’équipes qui peuvent postuler pour les cinq premières places, et on espère en faire partie.

L’objectif est-il de terminer la saison dans les cinq premiers ?
Les objectifs sont toujours relevés au FUS, mais il faut rester réaliste. On sait que pour la première et la deuxième place, c’est un peu compliqué. Toutefois, pour les trois places de derrière, on sera cinq ou six équipes à y prétendre et le FUS en fera partie.