L’international marocain Hakim Ziyech est apparu ce matin dans une interview avec AD. Le quotidien néerlandais est revenu sur sa jeunesse, ses influences et sa carrière actuelle à l’Ajax Amsterdam.

Le joueur a pris le plaisir de répondre à une dizaine de questions. Lions de l’Atlas a traduit une grande partie de l’interview en français.

Une image pas toujours positive

Hakim Ziyech est le joueur le plus évoqué quand on parle d’Eredivisie. Que ce soit de manière positive ou négative, le Marocain n’échappe également à aucune critique. Bien que ses coéquipiers et son entourage le voient comme un garçon qui aime rigoler et mettre de l’ambiance, en dehors du terrain, c’est une autre image que l’on perçoit de l’ailier de 26 ans. « Il n’y a que l’avis de mon entourage direct qui m’importe. Si ils me critiquent, je le prend de tout coeur.  »
Hakim Ziyech poursuit : « Je me suis crée beaucoup de faux entourages lorsque je devenais de plus en plus connu. Certains sont là juste parce que tu fais la Une des journaux aux Pays-Bas. Mais où étaient-ils quand j’étais en galère lors de mes débuts dans le football ? »

Hakim Ziyech ajoutee : « L’une de mes plus belles rencontres dans le domaine footballistique était celle avec Rafael van der Vaart. Il est tellement pur et ne joue pas de rôle. La saison passée, lors du match à l’extérieur contre le Real Madrid en Ligue des champions, il était à côté de moi dans l’avion et on a parlé pendant tout le trajet. Je ne le connaissais pas du tout, donc je me suis senti obligé de le vouvoyer, jusqu’à qu’il me dise que je pouvais le considérer comme son pote.  »

Relations familiales

Sur la question ‘est-ce que ta mère est fière de toi?’, Hakim Ziyech répond : « Elle ne me le dit pas, mais je le ressens. Si ça fait une semaine que je ne suis pas retourné chez elle, et que je rentre, elle est tellement contente. Elle ne vient plus voir mes matchs au stade. Elle a désormais septante ans (70 ans) et ne tient plus trop debout.  »
Et de poursuivre : « D’ailleurs, elle a du mal avec le stress. Même me voir jouer au football à la télévision, elle a du mal. Elle me dit qu’elle ressent quand je fais un mauvais match et elle ne supporte pas me voir dans un état lorsque je me fais incendié. « 

Si l’on dit que Hakim Ziyech a connu des années noires dans sa jeunesse, l’actuelle star de l’Ajax ne dément pas, il préfère avouer. « Je me rappelle quand c’était l’hiver, en 2003, mon père était sur le lit au salon. Il était très malade et souffrait d’une maladie neuromusculaire.  »
« De jour en jour, son état ne s’améliorait pas. Lors d’une soirée, je me suis endormi dans ses bras jusqu’à minuit. Vers 3 heures du matin, je me suis réveillé en entendant des cries et des pleures. Lorsque je suis redescendu au salon, j’ai vu un drap blanc sur le visage de mon père. J’avais seulement dix ans, je ne me rendais pas compte de la gravité de la situation.  »

AD. nl cite dans son interview : Le joueur fond en larmes quand soudain, on lui pose la question ‘est-ce que tu penses souvent à ton père ? Quel était ton meilleur souvenir avec lui?  »
Le Lion de l’Atlas répond : « Oui, chaque jour. Les samedis lorsque je jouais encore avec Dronten, il était toujours présent dans les tribunes. Après chaque match, il m’emmenait manger des frites à la cantine, des petites sorties entre père et fils quoi.  »

Le quotidien néerlandais évoque l’éducation qu’il a reçu après la mort de son père, puis pose la question : « Par rapport à ton éducation, qui a pris le relais entre tes frères et sœurs? »
Ziyech répond : « Ma mère m’a parfaitement éduqué. Je suis issu d’une grande famille : quatre grands frères et quatre grandes soeurs. Ils étaient à fond derrière moi, surtout mes grands frères qui ont connu la prison après la mort de mon papa. Il y avait que mes sœurs qui travaillaient. Ma mère, à 55 ans, avait des problèmes de jambes et était toujours à la maison.  »

« A une période, on s’était mis à vendre toutes sortes de meubles de la maison pour avoir de quoi manger. On avait pas assez d’argent et mes frères avaient du mal à trouver du travail, » confie le marocain.
« On est tous des fils à maman, tellement trop qu’on était prêt à tout pour avoir une meilleure situation, même à faire des choses négatives qui nous ont souvent conduit à la justice. Lorsque je suis parti habiter à Heerenveen pour la suite de ma carrière footballistique, à mon tour, je n’étais pas très bien entouré et je me suis mis à faire beaucoup de gamineries.  »

Humanitaire

Pour revenir à sa carrière actuelle, Hakim a abordé son agréable mésaventure à Lille en Ligue des Champions : « Le cas du petit garçon qui entre sur le terrain pour me prendre dans ses bras, ça m’a tellement fait plaisir. Par contre, le mec qui s’est pris pour son père après le match, je trouve ça triste. Un adulte qui se permet de faire des choses comme ça.
Je me suis senti obligé de faire quelque chose, c’est pour ça que j’ai publié l’avis de recherche sur Instagram. Il est venu avec ses parents à Amsterdam, j’a iété les voir à leur hôtel et je les ai invité pour un match de football à la Johan Cruyff Arena. Avant son départ, je lui ai offert mon maillot.  »

Niveau humanitaire, le joueur a très souvent financé des associations au Maroc, au Cameroun, mais également aux Pays-Bas. Comme ce fut le cas avec le joueur de D2 néerlandaise Leon de Kogel victime d’un tragique accident de voiture qui mettra un terme à sa carrière de footballeur.

Hakim Ziyech a vu les images à la télévision lors du soutien des supporters avant le match opposant le Jong FC Utrecht au Go Ahead Eagles. Ziyech a directement pris contact avec le joueur pour le soutenir financièrement.
Il cite : « Je ne le connaissais pas personnellement, mais je savais directement que je devais l’aider.  » Il voulait publier sur internet ses remerciements mais je lui ai dis que ça ne servait à rien. Je fais ça pour toi pas pour les gens. Mais vu que vous m’évoquez ce sujet, bien-sûr, je suis obligé d’y répondre (rires).  »

Bientôt sur le départ?

Sur la question si Ziyech restera à l’Ajax Amsterdam la saison prochaine, il déclare : « Je n’en sais rien, dans quel club j’irais ?. Bien-sûr, c’est moi qui choisit. Le FC Séville voulait du concret en fin de saison passée. C’est un magnifique club mais je préférais rester à l’Ajax.

Et d’ajouter sans détour : Le directeur technique de l’AS Rome me voulait aussi, j’étais d’accord jusqu’à qu’ils me laissent tomber. Une saison plus tard, ils se sont présentés de nouveau. A ce moment, vraiment : ‘qu’ils aient se faire voir’. Ce qui arrivera l’été prochain, je n’en sais rien. Pour l’instant, j’en profite pleinement de ces belles années à l’Ajax Amsterdam.  »

Traduction Lions de l’Atlas

https://twitter. com/FreekJansen_AD/status/1218414328828907522