L’international marocain Romain Saiss a accordé une interview à Foot Mercato où il est revenu sur son parcours en Angleterre, son avenir et sur sa place en sélection.

Arrivé sur la pointe des pieds à Wolverhampton il y a 3 ans, Romain Saïss s’est imposé en Premier League. Autant apprécié par son coach que par les supporters, le défenseur central international marocain revient pour Foot Mercato sur son parcours en Angleterre. Son avenir, le Maroc, ou encore la Ligue 1, le joueur 29 ans n’élude aucun sujet à quelques heures d’affronter le Manchester City de Pep Guardiola.
Foot Mercato : tu as tout connu avec Wolverhampton. Que ce soit le titre remporté en Championship il y a deux ans ou les bonnes performances en Premier League (7ème et 8ème les deux dernières saisons). Quels sont vos objectifs cette saison ?

Romain Saïss : l’objectif cette saison est de faire mieux que les saisons passées. Le club a beaucoup investi depuis mon arrivée et la mayonnaise a pris immédiatement. On est actuellement 6ème au classement mais ça reste serré. Le Boxing Day va avoir son importance.

FM : justement, vous avez gardé le même entraîneur depuis ton arrivée chez les Wolves : Nuno Espírito Santo. Est-ce l’une des clés de votre réussite ?

R. M : totalement ! On garde une certaine stabilité et les joueurs se connaissent parfaitement. On un a groupe homogène et qui vit très bien. Le coach a instauré une bonne dynamique. On a un groupe de joueurs restreint, environ 19 joueurs en comptant les gardiens. Du coup, tout le monde est impliqué. Depuis qu’il est arrivé au club, il a voulu apporter une touche un peu plus technique. Se démarquant du jeu traditionnel anglais.

FM : quelle est ta relation avec lui ?

R. M : elle est excellente. On échange beaucoup et on est tous les deux transparents. Quand il a un truc à te dire, il le fait immédiatement.

FM : on connait tous ta polyvalence, est-ce un aspect que vous abordez ensemble ?

R. M : oui parfois. Le coach peut à la fois m’utiliser en défense centrale ou en sentinelle, mon poste de formation. Je réponds aux besoins de l’équipe et je suis toujours prêt à m’adapter.

FM : sur quels aspects estimes-tu avoir progressé durant ces deux ans et demi en Angleterre ?

R. M : déjà dans l’intensité. J’ai pas mal appris dans ce domaine. J’essaye de mettre beaucoup plus d’intensité dans mon jeu, que ce soit avec ou sans ballon, de répéter les efforts match après match et d’être décisif. C’est la marche à suivre.

FM : trouves-tu que ce changement de club t’a permis de changer de dimension en équipe nationale du Maroc ?

R. M : ça m’a aidé c’est certain. Après, il n’y a aucun match facile en Afrique. Toutes les équipes sont difficiles à jouer. Il n’y a plus de petites équipes. Si tu ne fournis pas les efforts nécessaires à chaque match, tu peux te faire surprendre. On essaie d’être constamment sérieux car on a toujours envie de faire quelque chose de bien.

FM : tu avais évoqué lors d’une interview donnée à mon confrère Samir Djabali, que tu étais déçu de ne pas avoir pu participer au match opposant le Portugal au Maroc à la Coupe du Monde 2018. Quelques mois plus tard, tu es nommé capitaine face au Burundi. Une petite revanche ?

R. M : (rires), non pas du tout. Il faut savoir rester humble. Je ne me prends pas pour un autre. Ça fait plusieurs années que je joue pour l’équipe nationale et différents capitaines y sont passés. Tu peux être capitaine sans avoir le brassard autour du bras. Le plus important c’est de toujours se donner à fond quand on défend les couleurs du Maroc

FM : beaucoup de cadres sont partis également.

R. M : oui c’est vrai. Pas mal de joueurs importants comme Benatia ou Boussoufa ne sont plus là. Ils ont beaucoup apporté au Maroc et nous on montré la voie à suivre. C’était des exemples. Aujourd’hui on espère faire au moins aussi bien qu’eux.

FM : un nouvel entraîneur a pris les rênes de la sélection nationale : Vahid Halilhodžic. Quels sont vos objectifs avec lui ?

R. M : se qualifier pour la Coupe du Monde et à la prochaine CAN. Y faire bonne figure et aller plus loin que les fois précédentes.

FM : le Maroc a connu une désillusion lors de la dernière CAN avec une élimination prématurée face au Bénin alors que l’objectif était de la gagner. Comment l’as-tu vécu ?

R. M : beaucoup de déception. Les semaines qui ont suivies ont été un peu durs. Les nuits étaient courtes. Avec beaucoup de déception, forcément.

FM : Comment as-tu accueilli la tristesse des supporters marocain ?

R. M : on les a totalement compris. Ç’a été un coup de massue pour eux comme pour nous. Tout le monde est tombé de haut. On comprend totalement leur tristesse et leur colère. C’est tout à fait normal. L’attente était énorme et la déception est à la hauteur de cette attente.

FM : lorsque l’on compare la ferveur des supporters lors des derbys Raja-Wydad par exemple avec les matchs en sélection, on sent une énorme différence. Comment l’expliques-tu ?

R. M : tout simplement car le peuple marocain attend de bons résultats, et ils ont raison. Il n’y a pas de secret.

FM : qu’est-ce qui manque au Maroc pour recréer ce lien fort avec les supporters ? On pourrait par exemple citer le match Maroc- Cote d’Ivoire lors des éliminatoire ou ceux en Coupe du Monde.

R. M : Cela passera par l’enchaînement des victoires avec la sélection. Le Maroc est un pays de football. Ils nous ont déjà montré prouvé par le passé qu’ils pouvaient être là dans les gros matchs. Mais quand les résultats ne suivent pas, les supporters nous le font savoir à leur manière. Ça nous permet également de nous remettre encore plus en question.

FM : pas mal de projets ambitieux ont vu le jour en France (Nice, l’OM etc). Est-ce que tu te vois revenir un jour en Ligue 1 ?

R. M : honnêtement, ce ne sont pas des questions que je me pose. Je me sens très bien à Wolverhampton. Après tu sais aussi bien que moi comment est le foot, donc il ne faut jamais dire jamais. Mais pour le moment, tout va très bien pour moi en Angleterre. Je me sens très bien au sein du club et je ne prête pas attention au reste.

FM : qu’est ce que l’on peut te souhaiter pour la suite ?

R. M : la santé, car sans ça on n’est rien.