Cinq mois après son arrivée à la tête des Lions de l’Atlas, Vahid Halilhodzic a reçu «Le Matin» dans un palace de Rabat. Les raisons du choix du Maroc, la discipline instaurée au sein du groupe, les critiques subies après le match nul face à la Mauritanie, le cas Mohamed Ihattaren qui a préféré les Pays-Bas au Maroc, les joueurs de la Botola, la qualification à la Coupe du monde 2022… le sélectionneur s’est longuement livré dans un entretien qui paraîtra en intégralité dans notre édition de jeudi.

Détendu, Vahid Halilhodzic s’est confié comme rarement, pendant presque une heure (56 minutes plus exactement). On était loin du discours de langue de bois de son prédécesseur, qui marchait sur les œufs et craignait de les casser. Vahid a tout simplement déroulé le film depuis son arrivée à la tête des Lions de l’Atlas.

Il a expliqué que le challenge que lui avait offert le président de la FRMF était très intéressant, même si, sur l’aspect financier, il n’était pas très lucratif par rapport à ce qu’il percevait dans son club de cœur, le FC Nantes.

«J’ai quitté le FC Nantes parce que je n’étais pas d’accord avec la politique sportive du président du club. C’est à ce moment que quelques personnes m’ont contacté pour le Maroc, mais en quittant Nantes, je n’étais pas sûr de venir au Maroc. Je me suis mis d’accord avec le président de la FRMF qui m’a proposé un challenge intéressant. Je connais le Maroc, parce que j’avais déjà entraîné ici il y a 22 ans. Je suis venu pour donner un petit coup de main à la sélection nationale qui est dans une situation bien particulière.

J’essaye de faire en sorte que l’équipe retrouve son niveau», a-t-il indiqué.
Néanmoins, Vahid, connu pour son franc-parler, a clairement dit haut et fort qu’il n’a pas du tout apprécié les critiques que lui et ses joueurs avaient subies après le match nul face à la Mauritanie. «J’ai été un peu étonné et surpris par autant de critiques après le match de la Mauritanie où nous avons fait un bon match. On s’est créé 21 occasions et l’adversaire est arrivé une seule fois dans nos seize mètres. C’était presque un match parfait, sauf qu’on n’a pas marqué de but. Les sifflets m’ont un petit peu touché et cela m’a donné encore plus d’énergie. J’ai été surpris par autant de critiques pour un premier match avec l’équipe A.

J’aurais pu partir après ce premier match», assène-t-il sans détour. Concernant la discipline instaurée au sein du groupe, l’ancien entraîneur du Raja de Casablanca a clairement dit qu’il n’y avait rien au-dessus de la sélection nationale, tout en ajoutant qu’il a établi une feuille de route que l’ensemble des joueurs doit respecter pendant les stages de la sélection nationale, et celui qui ne la respecte pas est tout simplement écarté. «En arrivant, j’ai donné une feuille de route de comportement pour tout le monde qui explique comment se comporter quand on vient en stage. Tout le monde l’avait accepté.

Si quelqu’un ne se comporte pas bien, il ne sera malheureusement pas retenu. L’équipe nationale prévaut sur tout. Cette équipe nationale n’appartient pas seulement aux joueurs, mais aux 38 millions de Marocains qui la regardent avec beaucoup d’intérêt. Je suis très exigeant et je ne supporte pas les comportements irresponsables des joueurs.» Cette exigence est mise au service du rendement, parce que Vahid, qui a déjà qualifié trois sélections en Coupe du monde, est déterminé à qualifier le Maroc pour la Coupe du monde 2022 : «Ça ne va pas être facile, mais on a le potentiel pour réaliser le rêve de tous les Marocains», a-t-il assuré. Lisez l’intégralité de l’entretien dans notre édition du jeudi 28 novembre.