Botola-president-de-club

Le Hassania d’Agadir occupe depuis lundi les devants de la scène médiatique sportive. D’abord, parce que le club a perdu sa troisième finale de la Coupe du Trône contre le TAS

Ensuite, le club a engagé Mhamed Fakhir à la place de Miguel Angel Gamondi, limogé. Pour parler de cette actualité brûlante, Habib Sidinou répond aux questions du «Matin »sans langue de bois.

Le Matin : Est-ce que le fait de partir favori face au Tihad de Casablanca a joué un mauvais tour au Hassania en finale de la Coupe du Trône ?
Habib Sidinou : C’est vrai, le fait d’être favori n’a pas arrangé nos affaires. On avait plus de pression que le TAS, en plus de certains problèmes au sein de l’équipe. Tout cela a provoqué le désastre de la défaite en finale de la Coupe du Trône.

Quel est le successeur d’Angel Miguel Gammondi ?
On a engagé Mhamed Fakhir jusqu’en 2022. Quand on signe avec un entraîneur, c’est pour un projet et non pas pour six mois.

Quels sont les objectifs que vous avez fixés à Fakhir ?
On est toujours engagé sur deux tableaux (Botola et Coupe de la Confédération africaine). Les objectifs sont d’aller chercher au minimum le podium et puis aller le plus loin possible en Coupe de la Confédération africaine de football. Mais le premier objectif est de cicatriser la blessure de la défaite en Coupe du Trône.

Autrement dit, sortir les joueurs de ce traumatisme de la défaite en finale. Les joueurs sont très abattus. Pour le club, c’est la troisième finale qu’on perd et certains joueurs, comme le gardien El Houasli, ont perdu quatre finales. Vous imaginez donc l’ampleur de ce traumatisme sur les joueurs. Fakhir devra donc s’atteler à soigner le moral des joueurs pour reprendre la compétition.

Quel est le staff qui va travailler avec le nouvel entraîneur ?
Il va travailler avec le staff technique mis à sa disposition, c’est-à-dire le staff déjà existant. La plupart des personnes qui sont dans le staff sont ses anciens joueurs. Il a décidé de ne rien chambouler et de garder le même staff technique et le même staff médical. À la fin de l’année, on va s’asseoir avec l’entraîneur pour voir si on continue avec le même staff où s’il faut apporter des changements.

Pourquoi avez-vous opté pour Fakhir, est-ce le seul candidat à avoir déposé son CV ou est-ce le profil de l’entraîneur que vous vouliez ?
J’ai reçu 18 CV d’entraîneurs marocains et étrangers qui ont postulé pour le poste d’entraîneur du Hassania dès le coup de sifflet final de la rencontre TAS-HUSA, en finale de la Coupe du Trône. J’ai pris un peu de temps pour analyser chaque profil. Et je me suis posé la question : quel est l’entraîneur actuellement libre ? J’ai pensé immédiatement à Mhamed Fakhir. D’abord, je le connais. C’est un homme sage et qui a du charisme. Il est très organisé et minutieux et il sait comment atteindre ses objectifs. En plus, Fakhir a commencé à glaner ses titres avec le Hassania. Il a un CV impressionnant. C’est l’entraîneur le plus titré au Maroc. Je pense que c’est l’homme qu’il nous faut. Il sait motiver le groupe et il a une histoire avec le Hassania.

Est-ce que vous n’avez pas pensé à son affaire avec Youssef El Kaddioui quand il était à l’AS FAR ?
Non pas du tout. Moi, je connais l’homme. Celui qui a quelque chose contre lui n’a qu’à saisir les tribunaux. On ne peut salir quelqu’un comme ça, sans preuves. Je ne fais pas attention aux bobards des réseaux sociaux. Je crois qu’on est là pour faire un travail et on va le faire jusqu’au bout et le mieux possible.

Le stade d’Adrar étant fermé pour les semis d’hiver, dans quel stade allez-vous recevoir le Moghreb de Tétouan ?
On a sollicité les autorités locales pour jouer à Marrakech, mais elles ont refusé parce beaucoup d’événements se passent à Marrakech ce weekend. On a vu avec Safi, mais ils sont eux aussi en train de refaire la pelouse. El Jadida, c’est pareil, ils sont en train de refaire la pelouse et ils vont y disputer un match vendredi. La pelouse d’El Abdi est encore neuve, elle ne peut pas supporter deux matchs en l’espace de 48 h. On a sollicité les responsables du FUS pour jouer au complexe sportif Moulay El Hassan, mais le club du FUS lui-même va évoluer au complexe sportif du Prince Moulay Abdellah. Finalement, on va jouer mardi au stade du 18 novembre de Khémisset. Après ce match, on rentrera directement à Agadir pour préparer le match contre Enyimba en Coupe de la CAF, prévu le 1er décembre.

Justement, dans quel stade allez-vous recevoir Enyimba lors de la première journée de la phase de groupe de la Coupe de la CAF ?
On espère que le stade Adrar sera prêt pour le 1er décembre. S’il n’est pas prêt, on sera dans l’embarras, parce qu’on avait donné le stade de Marrakech comme stade suppléant si le Hassania ne peut pas recevoir dans son stade, mais Marrakech refuse de nous accueillir. Ce sera donc un vrai problème si Adrar reste fermé le 1er décembre.

Pourquoi avez-vous viré Gamondi. Il a pourtant fait un excellent travail ?
Côté technique, on n’a rien à reprocher à M. Gamondi. Je l’ai recruté il y a six ans. Il avait une petite expérience avec le Hassania en 2006 sous la présidence de Abdellah Belkacem. Il est revenu au Hassania en tant que directeur technique en 2015.
Il a bien travaillé.

À l’époque, Abdelhadi Sektioui était l’entraîneur chargé de l’équipe première. Gamondi s’occupait de toutes les équipes de jeunes. Quand Sektioui a quitté son poste, on l’a promu entraîneur principal. Et pendant trois ans, on a travaillé ensemble, avec le succès qu’on connaît : deux fois le podium, un parcours honorable à la Coupe de la Confédération africaine de football et une finale de Coupe du Trône. Au niveau du travail, il n’y a pas de problème.

Le problème réside dans les frictions qu’il avait eues avec des membres du comité. M. Gamondi doit s’occuper des questions techniques et rien d’autre. Les autres dossiers sont du ressort du comité et du président du club.
On ne peut pas demander à un président de licencier les gens de l’administration. On ne peut pas demander au président d’écarter les membres du comité. Je ne suis jamais intervenu dans son travail. Je ne lui ai jamais demandé de faire jouer tel ou tel joueur. J’ai toujours respecté son travail. De son côté, il ne doit pas s’immiscer dans les affaires du président, du comité et de l’administration. Ces problèmes ont perturbé les joueurs et du coup ils étaient déconcentrès.
Les joueurs avaient la tête ailleurs avant la finale de la Coupe du Trône. Ils n’étaient pas dans des conditions idéales pour jouer cette finale. C’était cela le problème. Je gérais cette situation depuis longtemps, mais à un moment, c’est devenu insupportable. Je lui ai demandé à plusieurs reprises de s’occuper uniquement de son travail et de me laisser gérer les problèmes, mais il n’a rien voulu savoir.

Dans le communiqué annonçant le limogeage de Gamondi, vous n’avez pas pris la peine de le remercier pour les services qu’il a rendus au club .
On voulait s’asseoir avec lui, le remercier et organiser une réception en son honneur, mais c’était à peine s’il m’adressait la parole. Il était obstiné. Quand un entraîneur en arrive à traiter son président de menteur, cela veut dire qu’il n’y a plus rien à faire ensemble.