Tahar Lakhlej a joué avec les Lions de l’Atlas à 49 reprises avec deux buts au compteur.  Il a participé deux fois à la Coupe du Monde avec l’équipe nationale du Maroc, en 1994 et en 1998. Sa plus grande consécration est le titre de deuxième meilleur passeur décisif du Mondial 98 en France, derrière un certain Zinedine Zidane.  En club, il a joué au total, 115 matchs en 1ère division portugaise dont trois années au Benfica Lisbonne.

Désormais, le natif de Marrakech a fondé une académie dans sa ville natale. Cette académie de 2 hectares peut accueillir jusqu’à 1500 jeunes avec des forfaits d’inscription à la carte. Introspection sur cet amoureux du football et ce formateur en herbe. Un bel exemple pour l’avenir du football marocain.

Bonjour Tahar, tout d’abord, quelle est la mission de votre académie Lakhlej Foot à Marrakech ?

Comme vous devez le savoir, ici au Maroc, les athlètes ont beaucoup de talent mais très peu sont véritablement pris en charge. La clé de mon académie, c’est vraiment la formation de ces jeunes. Leur apprendre à mieux jouer au foot, certes, mais aussi à être meilleurs dans la vie de tous les jours et à s’émanciper. Je veux aussi que mon académie puisse sortir des gamins de la rue, et même de la drogue, et venir en aide aux plus démunis. Pour y parvenir, je m’entoure de techniciens tels que Vitor Manuel Ramos Estevao, un ancien du Benfica Lisbonne afin qu’il m’aide dans ma tâche.

Le but de vos licenciés, c’est de former des futurs champions qui intègreront l’équipe nationale du Maroc ?

C’est aussi le but. J’ai connu tellement de champions durant ma carrière. L’expérience que j’en ai tirée peut permettre de faire grandir le football marocain. J’ai côtoyé des entraîneurs extraordinaires comme Glen Hoddle, Graeme Souness, Jupp Heynckes ou encore Henri Michel. Tout ce bénéfice accumulé, je veux maintenant le transmettre à mes compatriotes, au foot marocain.

C’est donc un pari sur l’avenir qui risque de prendre pas mal de temps avant de porter ses fruits ?

Bien sûr, puisque cela passe surtout par beaucoup de travail à fournir. C’est la même chose pour un médecin, un architecte … Je sais que je m’embarque dans une mission difficile, car monter de toutes pièces, une académie, demande énormément d’efforts. Mais je sais aussi que le travail bien fait, finit toujours par payer.

Surtout que d’après les dires, votre académie compte sur des installations exceptionnelles ?

C’est indispensable d’avoir un excellent outil de travail. C’est aussi ce que j’ai appris de l’Europe. Les installations de mon académie, c’est en quelque sorte, une espèce de mix entre celles de Benfica, le PSG et Charlton. Avec cette académie, la première de ce genre au Maroc, j’aimerais aussi montrer l’exemple à d’autres grands joueurs africains, les inspirer.

Pour finir Tahar, un mot sur le football marocain et l’équipe nationale.

On en revient toujours au même constat, celui du talent inexploité. Le foot marocain souffre de cette absence cruelle de formation de ses jeunes, d’académies, d’écoles … Par ailleurs, notre mentalité n’est pas encore à la hauteur de celles des joueurs africains. Il faudrait aussi d’avantage de joueurs étranger dans le championnat marocain afin d’apporter leur expérience, leur vision du football. C’est triste de voir notre équipe nationale aussi souffrante, alors que l’engouement du peuple marocain pour ce sport est toujours aussi extraordinaire. Je crois cependant qu’on va revenir très vite au top et que l’accueil par le Maroc de la CAN 2015 ainsi que la nomination d’un nouvel organe dirigeante,  devraient commencer à nous y aider. 

 

Remerciements à Guillaume Ribeiro, directeur de la revue Afrique Football, pour la prise de contact et son aide précieuse.