La Copa Libertadores 2013, conquit l’&eacutet&eacute dernier, est son premier titre majeur depuis la Ligue des champions 2006. Apr&egraves avoir connu le discr&eacutedit et les m&eacuteformes, Ronaldinho montre qu&#39il est encore vivant, et pour quelque temps encore. Le 24 juillet dernier, en remportant la Copa Libertadores sous les couleurs de l’Atl&eacutetico Mineiro , qui a d&ucirc remonter un handicap de deux buts contract&eacute en finale aller, face au Club Olimpia, Ronaldinho a rejoint ses ex-co&eacutequipiers de la Sele&ccedilao, Cafu et Dida: ils sont les seuls joueurs &agrave compter &agrave leur palmar&egraves la Coupe du monde, la Copa Am&eacuterica, la Ligue des champions et, donc, la prestigieuse comp&eacutetition de clubs sud-am&eacutericains. Annonc&eacute perdu pour le football, il a su rena&icirctre, se rappeler au bon souvenir du football et continuer &agrave &eacutecrire sa singuli&egravere histoire de joueur.

L&#39appel n&eacutefaste de la nuit

Samuel Eto’o a souffert principalement d’un handicap lors de ses ann&eacutees en Catalogne: ne jamais avoir &eacutet&eacute le vrai chouchou des socios malgr&eacute ses magnifiques performances sous le maillot blaugrana. Avant Lionel Messi, il y eut Ronaldinho pour le devancer &agrave ce palmar&egraves. Si le Camerounais est l’homme qui sort le Bar&ccedila d’une situation mal embarqu&eacutee face &agrave Arsenal en finale de la C1, et bien que Ronnie ne soit pas d&eacutecisif, c’est pourtant l’image du Br&eacutesilien triomphant et souriant que l’on retient. Cette ann&eacutee-l&agrave, c’est dans la peau du meilleur joueur du monde que le petit fr&egravere de Roberto Assis arrive en Allemagne, avec sa s&eacutelection, pour d&eacutefendre le titre plan&eacutetaire acquis quatre ans plus t&ocirct. Mais, &agrave l’image de son &eacutequipe, il va traverser la comp&eacutetition sans y briller, sa prestation en quart de finale face &agrave la France contrastant avec celle de Zin&eacutedine Zidane. Il s’excuse alors pour ce bilan mitig&eacute sur son site Internet tandis qu’au Br&eacutesil, on br&ucircle une statue &agrave son effigie.

Sa saison 2006/07 est d’un bon accabit, m&ecircme s’il n’est plus aussi influent et si le FC Barcelone doit c&eacuteder Liga et C1, respectivement aux prix de la diff&eacuterence de buts particuli&egravere avec le Real Madrid et du nombre de buts &agrave l’ext&eacuterieur face &agrave Liverpool. Thierry Henry rejoint les rangs catalans &agrave l’&eacutet&eacute 2007 et Joan Laporta promeut d&eacutej&agrave ses &ldquoQuatre Fantastiques&rdquo. Ce sera plut&ocirct la saison des mouchoirs blancs et du pasito. Ronaldinho se voit reprocher condition physique d&eacuteclinante, hygi&egravene de vie douteuse, sorties nocturnes [1] et rendement en baisse. Son lien avec le club semble rompu. Le Milan AC s&#39int&eacuteresse au joueur, mais il se dit qu&#39il est fini pour le football: sa condition physique est alors d&eacuteplorable, tr&egraves loin de ce que devrait &ecirctre celle d&#39un professionnel de haut niveau. Finalement, les Rossoneri se laissent convaincre, mais devront patienter une saison avant de b&eacuten&eacuteficier du football de Ronaldinho tel que l&#39on a pu le conna&icirctre. Durant l’&eacutet&eacute, il remporte la m&eacutedaille de bronze des JO de P&eacutekin avec le Br&eacutesil.

Renaissance &agrave Milan

Certes, Ronaldinho donne la victoire au Milan lors du derby face &agrave l&#39Inter du 28 septembre 2008, gr&acircce &agrave un but de la t&ecircte marquant un retour symbolique dans une position inhabituelle pour lui. La joie et la reprise ne sont d&#39ailleurs pas sans rappeler la fameuse r&eacutealisation de Mark Hateley en 1984. Mais il traverse un premier exercice difficile et ne retrouve le haut niveau que lors du d&eacutebut de saison 2008/09. Il marque face &agrave Manchester United et au Real Madrid en Ligue des champions, et inscrit un doubl&eacute sur le terrain de la Juventus. Il retrouve ses gestes et sa vista, et permet au Milan de jouer des coudes avec les Nerazzurri. Le 24 janvier 2010, le num&eacutero 80 voit son penalty repouss&eacute par J&uacutelio C&eacutesar et son &eacutequipe d&eacutefaite (0-2) malgr&eacute sa domination. L&#39Inter marche vers le tripl&eacute tandis que Ronaldinho s&#39offre une vraie r&eacutesurrection footballistique. Ceci n&#39est cependant pas suffisant pour lui offrir une place dans le groupe br&eacutesilien de Dunga qui part en Afrique du Sud. Avec l&#39opinion publique derri&egravere lui, Ronaldinho fait part de sa d&eacuteception.

Peut-&ecirctre que le footballeur n&#39est pas aussi g&eacutenial qu&#39avant, mais il n’est pas mort. On recommence &agrave parler de lui. Il d&eacutebute l&#39exercice 2009/10 sur le m&ecircme tempo et Mano Menezes lui offre un retour dans le groupe de la Sele&ccedilao le 17 novembre face &agrave l&#39Argentine. Cependant, l&#39irr&eacutegularit&eacute et le manque de s&eacuterieux refont surface. Ses sorties nocturnes refont parler, son manque d’implication et son irr&eacutegularit&eacute aussi. Ronaldinho devient un intermittent du Milan futur champion d&#39Italie, et n&#39est plus rappel&eacute en s&eacutelection que de fa&ccedilon sporadique. Il quitte le stage hivernal du Milan pour rejoindre le Br&eacutesil, qui sera son refuge comme il le fut pour Adriano et Ronaldo avant lui. Flamengo est son point de chute, m&ecircme si des rumeurs l’envoient au Gr&ecircmio, club de ses d&eacutebuts. &Eacutevoquant celles-ci, Paulo Pelaipe, le directeur sportif du club de Porto Alegre, l&acircche, cinglant: &quotC&#39est une blague. Heureusement qu&#39il n&#39a pas choisi le Gr&ecircmio pour revenir. Maintenant, c&#39est le probl&egraveme de Flamengo!&quot

Retour(s) au Br&eacutesil

Vingt mille fans l’accueillent lors de sa pr&eacutesentation. Il r&eacuteussit ses d&eacutebuts en inscrivant notamment un tripl&eacute face &agrave Santos dans le match fou remport&eacute (5-4), le 27 juillet 2011, par son &eacutequipe men&eacutee (0-3) apr&egraves trente minutes. Son but face &agrave l’Atletico Parana qualifie Flamengo pour les huiti&egravemes de finale de la Copa Sudamericana, une premi&egravere dans l’histoire du club carioca. Mais l’argent devient vite un probl&egraveme. Fin mai 2012, cela fait quatre mois que Flamengo n’a plus vers&eacute de salaire &agrave Ronaldinho. Le joueur rompt alors son contrat et signe, quatre jours plus tard et pour six mois, en faveur de l’Atl&eacutetico Mineiro. Entre-temps, Ronaldinho a m&ecircme retrouv&eacute le terrain international en septembre 2011 &ndash titulaire face au Ghana et auteur de bonnes performances face &agrave l’Argentine. Le mois suivant, il inscrit un superbe coup franc contre le Mexique.

Les performances de Ronaldinho semblent gagner en r&eacutegularit&eacute et l’Atl&eacutetico Mineiro termine second du Campeonato Brasileiro S&eacuterie A 2012, avec son num&eacutero 49 &eacutelu meilleur joueur. Le club de Belo Horizonte est alors qualifi&eacute pour la Copa Libertadores suivante, durant laquelle il va connaitre un parcours &agrave &eacutelimination directe mouvement&eacute apr&egraves une phase de poules bien n&eacutegoci&eacutee. En demie et en finale, l’Atl&eacutetico Mineiro doit refaire un retard de deux buts et passer par les tirs au but. Apr&egraves la victoire face au Club Olimpia, Ronaldinho &eacuteclate de joie et f&eacutelicite son gardien. Surtout, il se fend d’une d&eacuteclaration revancharde: &quotJe suis retourn&eacute au Br&eacutesil pour &ccedila, gagner la Copa Libertadores. C&#39&eacutetait le titre qui me manquait. Tout le monde disait que j&#39&eacutetais fini et que j&#39arrivais dans une &eacutequipe de ren&eacutegats. Ils peuvent toujours parler maintenant.&quot

Certes, comme lors du Mondial 2002 et de la finale C1 2006, le fantasque br&eacutesilien n’a pas &eacutet&eacute l’homme de l’ultime d&eacutecision. Mais il a prouv&eacute qu’il n’avait pas perdu son sourire, sa joie et son go&ucirct pour le jeu. Surtout, il a su se relever et rester pr&eacutesent. C’est certainement &agrave cela que l’on reconna&icirct les champions de caract&egravere. En ligne de mire, il y a la Coupe du Monde au Br&eacutesil. Luiz Felipe Scolari lui a montr&eacute des signes de confiance lors du d&eacutebut de son mandat, le s&eacutelectionnant pour son premier match en Angleterre et lui offrant le brassard face au Chili en avril. Cependant, le coach, que Ronaldinho juge &ldquocourageux&rdquo et avec lequel il a des &ldquosouvenirs &agrave part&rdquo, ne l’a pas retenu pour la Coupe des Conf&eacuted&eacuterations. Mais cela s’explique peut-&ecirctre par la pr&eacutesence simultan&eacutee de l’Atl&eacutetico Mineiro dans le dernier carr&eacute de la Copa Libertadores. Toujours est-il qu’avec Ronaldinho, il vaut mieux ne jamais avoir un avis d&eacutefinitif, et s’attendre &agrave quelques surprises. Surprise que le Raja doit se m&eacutefier, d&egraves demain soir pour une demi-finale du Mondial des Clubs tr&egraves int&eacuteressante. Joga Bonito.