Nous vous annoncions il y a quelques jours et en exclusivité le départ de Rachid Taoussi qui a décidé de ne pas attendre l’assemblée générale de la FRMF pour quitter son poste de sélectionneur. Sans s’attarder sur les résultats de l’équipe nationale ni sur le travail effectué par le technicien marocain depuis son arrivée à la tête des lions, nous voulions avant tout faire un constat inquiétant et tirer, pour la Nième fois, la sonnette d’alarme.

Entre ceux qui pensent que Taoussi n’a rien apporté à l’équipe nationale, et les autres (tout aussi nombreux) qui trouvent que le désormais ex-sélectionneur effectuait un travail de fond qui commençait à porter ses fruits, le débat est sans fin et chacun restera campé sur ses positions. Cependant, on ne peut que s’inquiéter d’un nouveau changement de sélectionneur, à seulement 15 mois du début de la CAN à domicile.

Depuis l’an 2000 et la fin de l’épopée d’Henri Michel à la tête des Lions de l’Atlas, pas moins de 12 sélectionneurs se sont succédés en un peu plus de 13 ans. Si l’on exclut la période Badou Zaki, qui est resté au poste pendant 3 ans entre 2002 et 2005, nous nous retrouvons avec 8 sélectionneurs différents (3 français, 1 Belge et 4 marocains) lors des … 8 dernières années.  Dès lors, on ne peut que s’alarmer de cette gestion sidérante de la part des décideurs. Ne savent-ils pas que tout sélectionneur, qu’importe son CV et son passé, a logiquement besoin de temps pour bâtir une équipe solide capable de tenir son rang lors des grands rendez-vous ? Pensent-ils qu’une solution miracle existe pour satisfaire les envies de tout un peuple ? Faut-il rappeler qu’un président de Fédération n’est en aucun cas un président de club et que les supporters de l’équipe nationale sont ô combien plus importants qu’un groupe de supporters d’une équipe régionale ?

La page Rachid Taoussi est tournée et nous ne reviendrons pas sur ce cas encore une fois. Nous nous tournons vers l’avenir et nous le voyons très sombre : Dans quelques jours se tiendra l’assemblée qui verra un nouveau président élu. Les 3 derniers prétendants ont d’ores et déjà annoncé leur éventuel sélectionneur qu’ils nommeraient en cas de prise de fonction : Aziz Amri, Ammouta ou encore le retour de Badou Zaki.

Qu’importe le choix final, on ne voit pas comment un nouveau sélectionneur pourra bâtir une équipe solide en aussi peu de temps. Un nouveau sélectionneur, c’est assurément de nouvelles idées, un nouveau discours, de nouveaux joueurs à essayer et un nouveau groupe à créer… En 15 mois et seulement 4 ou 5 rassemblements pendant les dates FIFA … C’est mission impossible. A quoi bon alors changer de sélectionneur si son successeur arrive sur la pointe des pieds avec une excuse toute faite qu’il pourra faire sortir en cas de désillusion ? A quoi bon interrompre le travail d’un technicien qui a été engagé après le départ de Gerets et qui avait bien déclaré être là pour créer un groupe jeune et solide capable de gagner la CAN à domicile en 2015 ? Comment peut-il donc être jugé bien avant cette échéance ? Pour rappel, nous avons tenu tête aux Ivoiriens qui sont tout proches d’une qualification pour le mondial au Brésil.

Un sélectionneur doit être compétent certes mais pas que … Un sélectionneur doit être charismatique, rassembleur et pouvoir, par le biais d’un discours engagé, fédérer un groupe et le faire adhérer à un projet à long terme. Le groupe marocain sera constamment constitué par des joueurs arrivant d’un peu partout et nous avons donc besoin d’un sélectionneur comme cela. Sans manquer de respect aux 3 noms cités précédemment, rassemblent-ils l’ensemble de ces caractéristiques ? Le débat est ouvert !!

Et si, dans le souci de garder une certaine continuité de travail et une stabilité durable de la sélection, on engageait Walid Regragui, à qui on adjoint par exemple, un Abdes Ouaddou afin d'améliorer les points positifs constatés sous l'ère Taoussi, tout en apportant de la fraicheur et de l'audace à la tête de la sélection nationale. Un peu à l'image de la Belgique et ses stars totalement perdues sous l'ère Leakens mais qui brillent avec son adjoint devenu sélectionneur, Marc Wilmots…

« Le problème n’est pas de se tromper mais de persévérer dans l’erreur en la reconduisant, une fois qu’on a pu tirer les leçons de l’Histoire » … 12 sélectionneurs différents en 13 ans … 8  lors des 8 dernières années !! La valse continue … les désillusions aussi !! Changeons de méthode !!