L'enthousiasme des supporters de base du football marocain est en berne à la suite d'une série d'échecs enregistrés par les Lions de l'Atlas. "Le diagnostic est désormais établi et il faut, ainsi, s’atteler à la tâche pour rattraper le retard perdu au cours des dernières années", déclare Samir Chennouti, étudiant.
"Il est important d’accorder un intérêt particulier au sport scolaire et universitaire qui peuvent booster le sport national au niveau de plusieurs disciplines. Il faut juste de la volonté pour sortir le sport de sa léthargie après les grandes déceptions que nous avons vécues", ajoute-t-il. 
Citoyens et parlementaires partagent la même lassitude. Ils réclament que le gouvernement s'implique davantage afin de venir en aide au sport roi.
 
C'est le ministre de la Jeunesse et des Sports Mohamed Ouzzine qui est la cible principale des critiques. Il a été interpellé à de multiples reprises par les parlementaires désireux d'obtenir des réponses à leurs questions, en particulier concernant les résultats en berne de l'équipe nationale de football.
 
Ainsi, Ouzzine est apparu une fois encore devant les législateurs en date du 18 juin. Les membres du Mouvement Populaire (MP) et du Parti de l'Union Constitutionnelle l'ont longuement interrogé à cette occasion, exprimant leur insatisfaction face aux difficultés rencontrées par le football marocain. "Le sélectionneur national (dixit Rachid Taoussi) a convié quelque 80 joueurs pour disputer les matchs. A chaque fois, on avait une nouvelle sélection différente. Les résultats ont été catastrophiques malgré les moyens déployés par l’Etat dans ce secteur", ont affirmé les parlementaires dans un communiqué.
 
Le ministre de la Jeunesse et des Sports a reconnu que de grands efforts restent à déployer pour atteindre les résultats escomptés. "Nous sommes unanimes sur le diagnostic. Aucune politique ne peut réussir sans l’adhésion de toutes les parties concernées. Les pays qui ont réussi n’ont pas dispensé uniquement les moyens financiers, il fallait aussi de la volonté et l’esprit de citoyenneté", a-t-il relevé.
 
A cette fin, une convention a été signée avec le ministère de l’Éducation Nationale visant à encourager, soutenir et renforcer les sports dans les écoles. L’idée est d’élargir la base des pratiquants aux quartiers et aux établissements scolaires et de revoir la stratégie des centres sportifs de proximité (CSP).
 
Ce n'est pas suffisant de créer un secteur performant basé sur des sportifs de haut niveau, explique la sociologue Samira Kassimi à nos confrères de Magharebia. Il s’agit également d’instaurer un cadre d’épanouissement pour les enfants et les jeunes, prémunissant les citoyens contre la dérive, indique-t-elle. "Le sport scolaire a été marginalisé lors des dernières années. L’Etat a investi des sommes colossales dans plusieurs disciplines et les résultats n’ont pas suivi", dit-elle.
 
Le chemin est encore long pour que le football marocain se redresse et vit une période glorieuse.