Le Maroc est officiellement sorti de la course des éliminatoires de la coupe du Monde 2014 suite à la victoire de la Côte d’Ivoire sur la Tanzanie il y a quelques jours. L’heure est à la préparation de la coupe d’Afrique des Nations 2015 qui déroulera au Maroc. Faire un bilan des résultats de Taoussi à la tête de l’EN ne rimerait à rien, l’actuel sélectionneur est toujours sous contrat et il est loin d’avoir fini la mission qui lui a été confiée. En revanche, évaluer les prestations passées et se projeter dans l’avenir serait le schéma idéal. Lionsdelatlas.ma vous a habitué aux exclusivités. Notre rédaction est allée à la rencontre de plusieurs interlocuteurs faisant partie de cette équipe nationale, et a recueilli plusieurs informations. Tous ont souhaité gardé l’anonymat. Il faut dire que du côté de la fédération, la communication est de plus en plus maitrisée et contrôlée.

Nombreux sont ceux qui demandent le départ de Taoussi suite à l’élimination du Maroc de la coupe du monde 2014, mais certains points leur feront rapidement changé d’avis.

Commençant par le commencement, et analysons la situation de l’équipe nationale à la prise de fonction de Rachid Taoussi.

Fin septembre 2012, c’est l’époque à laquelle Rachid Taoussi a pris les règnes de l’équipe nationale. Quelques jours auparavant, les Lions de l’Atlas avaient essuyé une défaite humiliante à Maputo face à l’équipe du Mozambique 2-0. L’heure est à la désillusion, le peuple demande la tête de Gerets, la démission de la fédération et reproche aux joueurs leur manque d’engagement. Cette même fédération s’empresse de résilier le contrat la liant à l’entraineur belge et place Rachid Taoussi à la tête de Lions de l’Atlas. Cette qualification, personne n’y croyait. Et pourtant, Taoussi l’a décroché! Direction l’Afrique du Sud, un bilan insatisfaisant (Comment peut-on espérer mieux de la part d’une équipe dont le sélectionneur n’est arrivé que depuis 3 mois ?) mais une expérience enrichissante, surtout pour les jeunes joueurs qui disputaient pour la première fois une coupe d’Afrique des Nations. Un dernier match contre l’Afrique du Sud (2-2) jugé comme le meilleur match de la compétition (toutes rencontres confondues) par la CAF elle-même.

Mais discutant les faits, et parlant en toute sincérité de ces éliminatoires. Lorsque Taoussi arrive en équipe nationale, le Maroc affiche 2 points au compteur, conséquence de ces deux matchs nuls contre la Gambie et la CIV. Ces deux contre-performances nous condamnaient à remporter toutes nos rencontres futures, y compris contre la CIV à l’extérieur, pour pouvoir espérer se qualifier au Mondial 2014. Le résultat en Tanzanie a peut-être précipité les choses, mais est-ce entièrement la faute de Taoussi ?

Le sélectionneur national a sans doute sa part de responsabilité dans cette élimination et l’assume, mais les joueurs aussi ont leur part de responsabilité. La presse combien même insoupçonnable, doit assumer sa part de responsabilité dans les débâcles successives de l’équipe nationale. Une certaine presse marocaine dont le principal objectif est de défendre ses propres intérêts et ceux d’une véritable mafia rangée derrière elle et gangrénée par la corruption et l’affairisme. Une certaine presse qui impose des joueurs, qui fait miroiter le spectre du populisme, vante les mérites des joueurs botolistes lorsque cela l’arrange, et fait l’éloge des joueurs évoluant à l’étranger lorsque cela lui chante. De vrais « Mrayquiya » comme certains se plaisent à les nommer. Une fois que quelqu’un va à l’encontre de leurs souhaits, ils décident de le casser et le détruire.

 

Revenant à ses éliminatoires, et laissant de côté la corruption et l’affairisme sur lesquels on reviendra très bientôt. Notre rédaction ne s’en était même pas rendu compte, jusqu’à ce que l’un de nos interlocuteurs nous le rappelle.

Le Maroc n’a pas gagné la moindre rencontre en éliminatoires de la coupe du Monde depuis l’année 2005. Il a fallu attendre la victoire sur la Tanzanie à Marrakech pour remporter nos 3 premiers points depuis presque sept ans. Et une autre victoire contre la Gambie qui ramenait le score de l’EN à 6 points.

En soi, le bilan de Rachid Taoussi n’est pas si catastrophique que certains pourraient le penser. Le supporter marocain est malheureusement impatient et n’est pas guider penser à long terme. La moindre défaite le pousse à demander la tête de quelqu’un et à désigner un bouc-émissaire. A croire qu’il n’a tiré aucun enseignement de la succession d’entraineurs ayant pris la tête de la sélection pendant ces 13 dernières années. Le Maroc aura une grande équipe nationale lorsque le supporter marocain aura une vision à long terme. Lorsqu’il saura qu’une équipe ne se prépare pas pendant 2 ou 3 mois mais au moins pendant quatre ans.

La fédération devrait quant à elle prendre exemple sur ce qui se fait ailleurs et désigner un entraîneur pendant une durée suffisamment longue pour lui permettre de préparer une équipe compétitive.

Cela fait dix ans qu’on attend une équipe nationale à la hauteur des espérances du peuple marocain. Dix ans c’est long. Mais nous l’avons un peu cherché. Nous avons usé toutes les cartouches, et aucune n’a produit l’effet escompté. Il nous reste peut être une seule chose à faire : s’armer de patience. Quitte à perdre plusieurs rencontres dans les prochains mois, mais avoir une équipe compétitive pour 2015. La CAN 2015 est la clé de tous les succès. Une belle prestation nous permettrait d’être une tête de série et par conséquent avoir des éliminatoires beaucoup plus aisées.

D’autant plus que tous les signaux laissent à penser que cette équipe est réellement dans le droit chemin. Pendant que certains imaginent les pires stratagèmes pour se débarasser du sélectionneur national, Taoussi, lui, a pris plusieurs décisions depuis qu’il est en poste, et il en prendra d’autres dans les prochains mois.

Une discipline irréprochable !

La discipline, qui semblait manquer à certains de nos internationaux marocains, s’est fortement implantée chez les Lions de l’Atlas. D’ailleurs, comment les joueurs peuvent ne pas faire preuve de discipline sachant que Taoussi n’a pas hésité à écarter plusieurs joueurs cadres pour cette raison. On pensera notamment à Houcine Kharja, à qui il a été reproché de ne pas assez donner l’exemple et on pensera également à Mbark Boussoufa

Une place en équipe nationale se mérite !

En prenant en charge l’équipe nationale, Taoussi a aussi mis en place des règles. Certaines nous faisaient défaut depuis plusieurs années. La principale, c’est le mérite ! Désormais personne n’est à l’abri d’une non-convocation. Exit les Chamakh, Taarabt ou Basser écartés pour leur manque de compétitivité. D’ailleurs même le capitaine des Lions de l’Atlas Nadir Lmyaghri devrait en faire les frais. Nos sources nous ont précisé il y a quelques temps, qu’au mieux, il ne devrait être convoqué que pour apporter son expérience aux jeunes gardiens et qu’au pire, on ne le verrait même plus avec l’équipe A.

Place à la jeunesse !

Taoussi ne cesse de vanter la jeunesse de son équipe. Cette équipe qu’il a constitué, qui compte 23 ans de moyenne d’âge et qu’il compte développer dans les deux années à venir. D’ailleurs, 14 joueurs de l’équipe nationale A sont issus de l’équipe U 23 (Olympique)

Enfin une ossature…

Nos sources nous signifient que Taoussi s’est fixé aujourd’hui une ossature. Il compte sur les jeunes et leurs potentiels et espère leur progression. Ces jeunes devraient être encadrés par des joueurs plus expérimentés. Benatia, Chafni, El Adoua, et El Arabi devraient constituer le noyau dure de l’équipe. Ils devront par ailleurs encadrer la jeune génération comme Amsif, Belhanda, Barrada, Bergdich, Jebbour…

Des matchs de préparation à l’étranger

L’équipe nationale devrait disputer plusieurs rencontres à l’étranger, et plus précisément en Afrique. Le calendrier des matchs amicaux jusqu’en janvier 2015 est en cours de préparation par le staff national.

Des matchs délocalisés…

L’équipe nationale ne devrait plus évoluer essentiellement à Marrakech. Le staff national est en train de réfléchir à faire un tour du royaume afin de réconcilier l’équipe nationale avec son public. Tanger devrait abriter prochainement le match contre la Tunisie. Les Lions de l’Atlas passeront surement pas la case Agadir et d’autres  villes comme Oujda, Fès ou encore El Jadida.

Louis XIV disait : « C'est toujours l'impatience de gagner qui fait perdre ». C’est une citation qui s’applique particulièrement à l’équipe nationale marocaine. A trop vouloir gagner trop vite, on ne récoltera que des échecs. Laissons donc travailler Rachid Taoussi pour le bien de cette équipe nationale !