Depuis les années 2000, les enfants issus de l'immigration marocaine en Europe s’installent de plus en plus dans notre équipe nationale. Nos "MRE" sont même majoritaires depuis quelques temps. Nous ne sommes pas là, à regarder les passeports et lieux de naissance de chacun mais paradoxalement, cette vague de ressortissants est liée à la déchéance tragique de notre sélection dans les pénombres de la scène continentale et mondiale.

Le problème vient tout d'abord du fait que ces jeunes footballeurs choisissent la plupart du temps les Lions de l'Atlas comme un choix par défaut, car la France, l'Espagne, les Pays-Bas ou encore la Belgique ne peut leur offrir une garantie régulière du statut "joueur international", mais beaucoup font un choix de cœur qu'ils annoncent très tôt. Ceci est vrai pour la grosse majorité, qui souvent n’apportent rien du tout sur le terrain, sachant qu’ils doivent « normalement » être les meilleurs sur le terrain par rapport aux africains souvent mal formés. Ce premier choix par défaut s'ajoute à un amour lointain du Maroc. Un pays souvent connu par ces joueurs, uniquement pour les vacances estivales lors de leur enfance. La connaissance de notre pays, de ses valeurs, de son histoire sont majoritairement (nous ne sommes pas dans la globalité) méconnus par nos joueurs. Les effets sont illustrés lors des rassemblements de l'équipe nationale. Nous voyons plus, une bande de jeunes heureux de retrouver le "bled», sa chaleur et son sens de l'accueil qu'un groupe de professionnels voulant se préparer pour des échéances importantes. Un joueur dont je ne citerai pas le nom, avait déclaré dans un cadre informel : "Être en sélection nationale me fait plaisir. La chaleur et le beau temps me change de mon quotidien". Le but n’est pas de diaboliser le joueur issu de l’étranger, mais faire en sorte que les critères de sélection soient plus justes. Ne pas choisir un joueur car il a joué la Ligue des Champions il y a un ou deux ans et qu’il n’a plus de temps de jeu. On construit une équipe avec des joueurs qui ont de l’envie et non des « célébrités ».

Ensuite, le phénomène de "starification immédiate" de nos joueurs touche notre football. Dès qu'un footballeur commence à faire de bonnes prestations, les médias, les supporters, l’entourage du joueur le glorifient. Arrêtons avec cela, car cela nuit à son développement, à sa progression et influence sa manière de penser, ce qui donne naissance à un complexe de supériorité. De plus, on remarque bien la scission qu'il existe entre les "MRE" et les locaux. Les clans se forment, la cohésion de groupe ne se crée pas et la finalité se résulte sur le terrain. Peu de joueurs se comportent comme des lions en se sacrifiant l'un pour l'autre. On ne demande pas à nos lions d’être amis en dehors du terrain, les supporters demandent juste une équipe de football unie sur le terrain pendant 90 minutes. On remarque souvent le manque de communication sur la pelouse, Houssine Kharja qui faisait bien ce rôle, n’est plus sélectionné, il faut donc en retrouver un nouveau qui suscite le respect des autres. On ne peut pas toujours insulter et dénigrer l’entraîneur, les joueurs doivent comprendre que venir en équipe nationale est une mission. Mustapha Hadji disait : « Les joueurs doivent sentir le poids du maillot … Jouer avec son club, n’est pas jouer en équipe nationale.» Il a même remarqué une grande différence entre sa génération des Lions de l'Atlas et l'actuelle.

Désormais, il faut que notre sélectionneur mette le poing sur la table en mettant en place une ligne de conduite, une déontologie stricte à suivre durant les rassemblements. Taoussi y travaille…
Même si un joueur talentueux fait des écarts répétitifs, il faudra se passer de ses services. Aimé Jacquet a bien écarté Cantona, roi de la Premier League à cette époque, de l’Équipe de France avant l'Euro 96 afin que le groupe soit dépourvu d'un égo surdimensionné et qu'une émulsion se forme en vue du Mondial 98 organisé en France.

Autorité, Rigueur, Professionnalisme. Voici les maitres-mots que notre sélectionneur doit faire passer lors de ses discours auprès des joueurs.
Une Coupe d'Afrique arrive dans notre pays dans moins de 2 ans. Que notre sélectionneur, nos dirigeants et surtout nos joueurs se retroussent les manches et se mettent au boulot afin de redorer le blason de notre pays, si entaché par nos désillusions sportives depuis des années.