Le derby casablancais s’annonce chaud. Et, espérons-le, show. L’on ne doit d’attendre à aucune concession de part et d’autre. Pour vu que le fair-play soit de mise, surtout en dehors du terrain. Les événements du jeudi noir 11 avril sont toujours vivaces. Ils planent ombrageusement  sur le derby.

Une raison pour laquelle cette 114 ème confrontation entre les éternels « frères-ennemis »  se déroulera sous haute surveillance. Des sources policières nous ont appris qu’une forte mobilisation a été opérée en ce sens. Deux mauvaises nouvelles cependant. D’abord, les prix des tickets d’accès au stade ont été revus à la hausse par la direction du WAC -qui reçoit. Ils ont été fixés à 50 dirhams pour la pelouse, 100 pour la tribune, 250 pour la tribune d’honneur et 400 pour la tribune officielle.  
Contactés par Menara, les responsables wydadis se sont contentés de dire : « Cela a toujours été le cas ». Saadallah Yacine, secrétaire général adjoint du WAC, juge cette décision « murement réfléchie ». Peut-être. Or, de mémoire, le Raja l’avait appliqué, le premier, particulièrement l’an dernier, ce qui avait suscité un tollé général.
 Il a cependant essuyé un double échec : en termes d’affluence du public et de rentabilité. Deuxième inconvénient. Le match se jouera dimanche 28 avril, à quinze heures. Autrement dit à 14H puisque l’heure GMT au royaume sera avancée d’une heure. « Ce qui pourrait créer une sorte de décalage chez les supporteurs des deux formations », jugent de nombreux observateurs. « Le derby ne souffre d’aucun décalage, rétorque M. Saadallah. Les gens remplissent le stade dès le matin. »

L’enjeu sportif de ce derby est d’envergure. Il semble toutefois déséquilibré. Le Raja, leader du championnat, devance largement le Wydad. Il s’achemine vers le sacre final. Le WAC, lui, est mal en point. Ses derniers résultats ont laissé planer le doute quant à son avenir proche.
 

Les interminables querelles intestines, manifestement propres aux clubs casablancais, ont refait surface au sein des Rouges. Public, joueurs, entraineur, dirigeants… tous voient du rouge. Au point que l’on se demande où va le WAC. « Droit dans le mur », jugent les fans du club qui, malheureusement, ne croient plus en leur club.

 

Comme le dit si bien cette analyse du site wydad.com : «Nous doutons, à l’instar de nombreux Wydadis, d'une bonne fin de saison ». Pire encore, un sondage publié dans le très informé site wydad.com a posé la question suivante : « Pour ou contre le Boycott des matchs du WAC ? » Jusqu’à vendredi 26 avril, les résultats étaient comme suit : 82% pour, 17% contre… « No comment »
Il n’est pas étonnant de voir des banderoles brandis réclamant les têtes de l’entraîneur, Badou Zaki, et du surtout du président, Abdeilah Akram. Ce dernier a beau vouloir conjurer le sort, par journaux interposés, c’est sans espoir de rassurer. M. Akram donne l’impression de prêcher dans le désert. Tel un général sans armée appelant à la mobilisation.
 

Le Raja, lui, a le vent en poupe. Leader au classement général, le club des Verts connaît une grande stabilité tant au niveau technico-tactique que de la gestion. Son effectif est des plus étoffés. Et le « général », surnom du coach M’hammed Fakhir, n’a que l’embarras du choix. Contrairement à Zaki se trouvant dans l’obligation de faire appel à des jeunes. Ceci dit, il n’en demeure pas moins que le traditionnel derby casablancais surpasse le classement, les statistiques, l’état de santé… « C’est comme une finale », nous dit Rachid Daoudi, ancienne gloire du WAC et actuel entraineur adjoint du club.

Outre les stats relevant de l’histoire, le Raja est leader du championnat. Il devance le Wydad de 13 points. Ce qui signifie que le premier joue pour le titre, le second pour une place africaine. Mais, derby oblige, les stats n’ont jamais eu raison des performances sur le terrain. Que ce soit le classement ou la raison, rien ne l’emporte sur la fierté, le sursaut d’orgueil. Ce derby, classé aujourd’hui 26ème au monde, qui jadis figurait parmi les 10 meilleurs derbys de la planète, a intérêt à retrouver son éclat.

Alors, de grâce Messieurs, faites-nous rêver !

 

menara.ma