S’il y a bien  un ministre dans le gouvernement Benkirane dont on ne s’étonne plus des faits et gestes c’est bien Mohamed Ouzinne le ministre de la jeunesse et des sports.

De tous les scandales sportifs ou extra-sportifs que le royaume a connu ou qu’il connait toujours c’est bien lui qu’on retrouve à l’affiche. A chaque fois qu’un problème se manifeste c’est lui qu’on retrouve sous le feu des projecteurs. Il est devenu en peu de temps le symbole d’une politique gouvernementale qui s’inscrit dans une démarche de paroles et de dénonciations plutôt que dans une démarche d’actes ou de prises de responsabilités.

Mohamed Ouzzine s’est fait un nom dans le paysage sportif marocain grâce à ses interventions populistes après chaque débâcle des Lions de l’Atlas. Le ministre est immédiatement monté au créneau après la défaite humiliante de l’équipe nationale marocaine face à son homologue tanzanienne dans le cadre des éliminatoires de la coupe d’Afrique des Nations 2013. Il a outrepassé ses responsabilités en s’ingérant dans les affaires de la fédération royale marocaine de football, en déclarant qu’il allait lui-même conduire des changements profonds au sein du football marocain,  alors que la FIFA interdit toute ingérence politique au sein des fédérations, leur garantissant une totale liberté et autonomie.

Après la débâcle des Jeux Olympiques de Londres qui a connu la suspension de plusieurs athlètes marocains pour des faits de dopage, Mr le ministre s’est inscrit une fois de plus dans une démarche qui consiste à canaliser la colère du supporter, à comprendre son indignation et ses attentes, et surtout apporter les solutions adéquates pour répondre à tous les maux du sport marocain.

Après les jeux olympiques, Mr  avait fixé un programme d’évaluation du sport marocain. Il avait précisé à ce moment là qu’il procéderait au mois d’Aout à l’évaluation de la participation de chaque fédération aux jeux olympiques. Qu’au mois de septembre, le ministère demandera un compte-rendu financier de l’argent dépensé par le comité du programme du suivi des athlètes de haut niveau. Qu’ensuite, au mois d’octobre il sera procédé à la mise des dernières retouches sur les cahiers des charges de la période 2012-2016 signés entre le ministère et les fédérations. Pour le mois de novembre, le ministère prévoyait de lancer un processus de suivi du travail des fédérations sportives ainsi que le comité national olympique marocain. Enfin, en décembre, les dernières touches devaient être posées sur le tableau de bord spécial du travail des fédérations sportives. Le ministère devait préparer également un programme de formation obligatoire pour les techniciens des fédérations et associations sportives.

Qu’en est-il de ce programme aujourd’hui ? Qu’en est-il de cette évaluation ? Qu’en est-il de ce cahier de charges et de ses tableaux de bord ? Effet d’annonce comme toujours…

 

Il y a quelques jours Casablanca connaissait les pires actes de vandalisme et de dégradations de biens publics et privés de la part de supports d’une équipe de football. Plus de 200 arrestations, des dizaines de voitures saccagées, des tramways, des bus, des bus scolaires, etc. Monsieur le ministre est encore une fois monté au créneau. Cette fois-ci c’est via un communiqué qu’il s’est exprimé. Bien évidemment il a montré son soutien à tous les citoyens touchés par ses actes de vandalisme, un acte noble de la part d’un ministre. Mais qu’en est-il des solutions ? Les solutions qui éviteraient que ce genre d’actes ne se reproduisent. Monsieur le ministre annonce tout simplement qu’une réunion aura lieu cette semaine entre le ministère, la fédération et la Wilaya (Préfecture) et qu’il en ressortirait des solutions.

Il n’y a pas besoin d’être ministre, d’être dirigeant au sein de la fédération ou encore d’être un haut gradé des forces de l’ordre pour émettre des solutions pouvant éviter ce genre d’incidents. Premièrement, parce que le pays connait depuis des années ce même genre d’incidents, et qu’on décide tout simplement de délocaliser une ou deux rencontres, le temps que cela se calme et que tout redevienne comme avant. Deuxièmement, parce que d’autres pays ont  connu ce même genre d’événements et ils ont réussi à remédier à ce problème de hooliganisme. Il suffit donc de s’inspirer des solutions pour lesquelles ils ont opté. Prévention certes mais surtout répression ! Les auteurs de ses actes doivent sentir que la justice ne sera pas clémente envers eux et qu’ils risquent gros en s’adonnant à ce genre d’actes. 

 

Mr Ouzzine n’a jamais pris de décisions concrètes, que ce soit au niveau sport marocain en général, ou en particulier du football marocain qui est le sport numéro un au Royaume. Les annonces se succèdent et se ressemblent, l’évolution elle, reste au point mort. Le ministre des sports dispose encore d’un peu plus de trois ans pour changer la donne, mais il est clair que le supporter marocain n’est pas dupe, et qu’il ne nourrit pas les moindres espérances en ce qui concerne le pouvoir des politiques à changer les choses…