Footexpress.ma est allé à la rencontre d’Abdeslam Ouaddou, pour évoquer plusieurs sujets dont l’équipe nationale et la crise qu’elle vit depuis une dizaine d’années.

A 34 ans, l’ex-défenseur des Lions de l’Atlas a l’expérience nécessaire pour qualifier un bon footballeur et la réussite pour le devenir. Selon lui : « les clés de la réussite pour un footballeur sont:

– La droiture et la loyauté: Une personne doit se comporter dans le sport et dans la vie en général de manière droite et loyale. C’est la base. Respect de sa propre personne et de son corps, respect de son environnement et respect de son métier.

– Le mental et le travail: Si tu n’es pas prêt à combattre, tu seras déjà mort avant d’avoir commencé le combat. Pendant 13 ans en équipe nationale, mon combat à moi commençait le lendemain du match avec mon club. Je sais que j’avais l’avion à 10h, je me réveillais à 4h du matin, j’avais toujours cette angoisse de rater mon avion et d’arriver en retard pour le rassemblement à Maâmoura à Rabat. Si par malheur j’étais en retard, j’avais un sentiment de manque de respect par rapport à l’encadrement et par rapport à mes coéquipiers. Je suis un peu perfectionniste (rires). Tu ne dois reculer devant aucune épreuve. Je ne demande pas non plus aux joueurs d’être des supermen (rires).

– Le talent: Je mets le talent en 3e position car si tu n’as pas les qualités que j’ai énuméré en premier, ça peut être compliqué mais pas impossible. Le talent, en plus de quelques autres qualités, te différencier des autres. Avec du talent, tu ne seras pas un joueur lambda, et c’est celui fera la différence entre un joueur normal et un crack. Et par la même occasion, tu auras certainement plus de valeur que d’autres.

– Avoir un bon entourage: Un agent véreux peut flinguer ta carrière. »

 

Il a déclaré être intéressé par l’idée de partager son savoir et son vécu avec les générations à venir, mais pas sans diplôme : « Notre nom ne nous donne aucune légitime, nous devons nous former afin de mettre en orbite les futurs élites du football national. Donc oui, en effet, ça me donne envie de mettre mon expérience au profit de mes jeunes compatriotes.» Un message adressé à la FRMF, qui a besoin de booster la formation, et le professionnalisme dans notre football, afin d’alimenter l’équipe nationale en qualité. Ce qui nous permettra peut-être d’atteindre nos objectifs, à commencer par passer le premier tour de la CAN 2015, qui aura lieu au Maroc. A ce sujet Abdeslam Ouaddou affirme qu’il est difficile d’expliquer les échecs successifs depuis 2004 : « Vous savez, lorsqu’on a des ambitions, il faut se fixer un objectif à moyen ou à long terme, ce qui très difficile en Football car le facteur temps est souvent négligé. Dans un délai court, ça ne peut pas marcher. Première, il est primordiale de travailler ensemble, que tous les acteurs de la sphère footballistique (fédération, médias, public, présidents de club et joueurs) soient sur a même longueur d’onde. Se fixer une politique fondée sur un projet sur le long terme, en se disant que ça va mettre un peu de temps avant de récolter les fruits du travail, mais tous les protagonistes influents dans cette sphère devront jouer le jeu et surtout se montrer solidaires de cette politique en y croyant dur comme fer, ce qui n’est pas gagné car il y a des courants de pensée divergents la plupart du temps. A partir de là, si tous ces protagonistes ont compris qu’il faut laisser le temps, le travail de repérage de profils de joueurs capables de défendre les couleurs du Maroc peut commencer. Les critères technique, mental et de loyauté envers l’équipe nationale sont primordiaux. La formation locale doit avoir plus de moyens, mais elle doit concrètement servir à la formation A, et dans un deuxième temps, cibler les jeunes joueurs de 15, 16 et 17 ans évoluant à l’étranger et qui ont un profil pour non seulement jouer mais batailler pour les équipes de jeunes. Lorsque les joueurs d’Europe arrivent plus tôt dans les équipes de jeunes, ils auront plus de chances d’être aguerris aux joutes africaines, de découvrir les attentes et les difficultés dans ce domaine afin de les assimiler au plus vite, que ce soit sur le plan sensorielle ou physique, l’adaptation sera faite naturellement car à cet âge, l’organisme est encore disposé à s’adapter, alors que lorsqu’ils sont un peu plus murs et qu’ils arrivent pour la première fois en Coupe d’Afrique, c’est un cadeau empoisonné, car le public les voit dans leurs championnats respectifs où ils brillent, et durant la CAN ils déçoivent car ils sont dépassés par le défi physique et les conditions de jeu » a-t-il déclaré, avant de conclure : «  Dans mon cas, je suis arrivé à 17 ans avec les Olympiques, j’ai eu le temps de me frotter à la réalité africaine, et par la suite en équipe A j’étais vacciné pour tous les raids. C’est mon avis qui n’engage que moi.»