Arrivé en août 2016 à l’Ajax Amsterdam, Hakim Ziyech est le joueur le plus dominant d’Eredivisie depuis plusieurs années. Malgré son talent incandescent, il n’a toujours pas rejoint un des cinq grands Championnats. Pourquoi ? Eléments de réponses.

Ils sont partis, lui est resté… De Jong, De Ligt ou Schöne ont tous quitté l’Ajax Amsterdam l’été dernier après une fantastique épopée en Ligue des champions, où le club néerlandais avait émerveillé le football européen. De Jong au Barca, De Ligt à la Juventus, et Ziyech alors ? A l’Ajax… Etincelant lors des gros matches, l’international marocain, parfaitement calibré pour un top club, est finalement resté aux Pays-Bas, où il n’a plus rien à prouver. Le joueur a même prolongé son contrat jusqu’en 2022 avec les Lanciers. A 26 ans, MVP en 2016, 2018 et 2019 du Championnat des Pays-Bas, Ziyech était clairement attendu dans un grand club pour continuer sa progression et donner une nouvelle dimension à sa carrière. A la surprise générale, il n’est pas parti.

Pourquoi ? «C’est plus le marché qui dicte la tendance. Si le joueur coûtait 20 M€, il aurait eu dix offres concrètes, nous répond un intermédiaire habitué des grands clubs du marché européen. Mais sa réelle valeur est de 50, 60 millions… Il est au même tarif que De Jong. Sur les très gros matches, la saison dernière, il a montré un très haut niveau dans le volume et l’agressivité. C’est un joueur fantastique et indiscutable. Le problème pour ce genre de joueurs, c’est que le marché est très restreint. Il y a six ou sept clubs qui peuvent se le payer. Mais il se peut aussi qu’à ce moment-là, il n’ait pas besoin de ce joueur. Pour Ziyech, c’est juste une question d’opportunité, il finira par partir». La situation du gaucher rappelle étrangement celle de Riyad Mahrez en 2016. L’Algérien, devenu MVP de Premier League au terme d’une saison exceptionnelle, n’a pas quitté pour autant les Foxes. Leicester a sorti les barbelés, et a fini par le vendre deux ans plus tard à Manchester City pour 68 M€. Deux ans de latence où le Fennec a rongé son frein au sein d’une équipe moribonde.
Van der Vaart : «Je suis sûr qu’il fera sensation à Londres. Et c’est ce que je veux qu’il fasse».
Au final, pour compenser émotionnellement la déception, il avait prolongé son contrat avec des conditions financières supérieures. Comme pour Mahrez en 2016, après son départ avorté, la prolongation apparaîssait donc comme un recours naturel pour Ziyech, qui en a fait de même. «Pour le joueur, la confiance est forcément touchée, alors qu’il a espéré partir toute la saison. Dès lors, une prolongation apparaît comme une sécurité où on peut même doubler son salaire. Le club va expliquer au joueur que cet avenant n’est pas une contrainte insurmontable car en continuant à être performant, il aura forcément à un moment une opportunité pour partir», explique cet intermédiaire.

Cet été, le nom de Ziyech a circulé du côté du Bayern mais le club allemand n’a pas réalisé le deal. Le tarif prohibitif, mais aussi des besoins définis du club bavarois qui ne correspondaient pas totalement sur le moment ont fait échouer la transaction. «Le Bayern ne l’a pas pris parce qu’il cherchait des joueurs plus offensifs ou de couloirs. Ziyech a un profil plus hybride. Il se sont dirigés vers Coutinho», nous assure un proche du club allemand. En attendant le ou les prochains mercatos, Hakim Ziyech continue de régaler avec cinq buts et cinq passes décisives en dix matches de L1 hollandaise. En Ligue des champions, son bijou de but contre Valence a fait le tour de la planète et a fait réagir Rafael van der Vaart, ancienne star de Tottenham et des Oranje : «J’espère vraiment qu’il ira à Tottenham, et je le pense vraiment. Aujourd’hui (dimanche), j’ai envoyé un message à Levy (le président de Tottenham). J’ai dit : « prenez Ziyech après cette saison ». Je suis sûr qu’il fera sensation à Londres. Et c’est ce que je veux qu’il fasse», a confié le Néerlandais dans l’émission Studio Voetbal du NOS. Plus qu’une question de temps pour le magicien des Lions de l’Atlas… Un très bon papier de  notre confrere de France Football Nabil Djellit