Pascal Boniface donne son avis sur la polémique du moment: la France championne du monde grâce à l'Afrique.

Le géopolitologue démystifie les nombreux préjugés qui fleurissent un peu partout au lendemain du sacre des Bleus.Dans une interview accordée au site du quotidien suisse Le Temps, le Français Pascal Boniface revient sur le deuxième sacre de la France en Coupe du Monde.
L'expert en Géopolitique salue la diversité de cette équipe de France, composée de joueurs issus de l’immigration, parle du racisme dans le foot, notamment en Italie et en Espagne, ainsi que du cas Karim Benzema et sa non-sélection par Didier Deschamps. Extraits.
La France et l’Afrique
“Cette équipe de France -africaine- est celle d’un pays qui a eu un empire colonial sur le continent africain, et qui a gardé des liens étroits avec les ex-pays colonisés. Elle est le reflet d’une histoire avant d’être aujourd’hui le miroir des banlieues et des cités, comme on l’a beaucoup écrit.
Le Racisme européen
“D’abord de la presse sportive italienne, toujours aussi imperméable à l’idée d’une équipe multiculturelle. Ensuite des médias des anciens pays communistes.
L’Italie, terre d’émigration devenue terre d’immigration, n’a pas du tout vécu cela. Sa seule colonie africaine était l’Ethiopie. Idem pour l’Espagne, présente en Afrique dans le Sahara. Le racisme sportif y reste donc beaucoup plus répandu. En Italie, Mario Balotelli s’est fait plusieurs fois traiter de singe sous le maillot national. Sans parler des refrains racistes en Europe centrale, où les opinions publiques sont chauffées à blanc sur la question des migrants”.
Une spécificité française?
“Non. Depuis que Gerhard Schröder a introduit, en 1999, le droit du sol dans le Code de la nationalité en Allemagne, la Mannschaft s’est aussi ouverte aux joueurs issus de l’immigration. On a bien vu que le métissage était aussi de rigueur, lors de ce Mondial, pour l’Angleterre, la Belgique, le Portugal et… la Suisse, avec ces joueurs originaires du Kosovo. Les joueurs issus du Surinam ont aussi fait le bonheur des Pays-Bas”.
Une fierté avant tout
“Je pense évidemment à ces villes de banlieue dont plusieurs joueurs sont originaires de l’immigration, et qui sont d’ordinaire méprisées, considérées comme des problèmes ou des abcès. Pour les jeunes de ces cités, voir les visages de leurs anciens copains de stade Kylian Mbappé ou Samuel Umtiti projetés sur l’Arc de triomphe, c’est une sacrée raison de retrouver confiance. C’est aussi la magie unique du foot. On s’identifie à une équipe, à une nation. C’est une source d’inspiration, et c’est très bien comme ça. C’est quand même très différent d’un pilote de formule 1 originaire des beaux quartiers”.
Le cas Benzema
“Ceux qui attribuent la non-sélection de Benzema à du racisme ont complètement tort. Didier Deschamps ne l’a pas retenu pour une question d’équilibre du groupe. Tout comme Aimé Jacquet avait, en 1996, renoncé à sélectionner Eric Cantona, qui n’est pas musulman”.

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