Entretien avec Driss Lamrabet, coach, champion du Maroc avec l’Ittihad de Tanger

«Ce titre mérité est une fierté pour Tanger, une ville qui respire le football»
Sacré champion du Maroc pour la première fois de son histoire, l’Ittihad de Tanger doit cet exploit à l’abnégation de ses joueurs, à son public très fervent, aux efforts consentis par le bureau dirigeant et surtout au travail effectué par le coach de l’équipe. Driss Lamrabet, qui a pris les rênes d’une équipe en Botola D1 pour la première fois de sa carrière, a réussi à revigorer une équipe au bord de l’implosion et en a fait un groupe soudé et performant. Il a profité de la baisse de régime des cadors du championnat pour inaugurer son palmarès. Dans cet entretien exclusif avec «Le Matin», l’homme le plus comblé de la ville du Détroit revient sur les moments-clés de la consécration, sur la relation très particulière qu’il entretient avec les joueurs, mais également sur la prochaine participation des Lions de l’Atlas au Mondial Russie 2018.
Le Matin : Vous avez hérité d’une équipe abattue et au moral dans les chaussettes, que vous avez quand même pu hisser sur la première marche du classement. À votre arrivée lors de la neuvième journée, succédant à Badou Ezaki, qu’avez-vous réellement fait pour galvaniser cette équipe ?

Driss Lamrabet : J’ai été nommé entraîneur d’un club que je ne connaissais que trop bien, je savais donc parfaitement avec qui je travaillais. À mon arrivée, l’état d’esprit de l’équipe n’était pas vraiment reluisant et il fallait beaucoup travailler le facteur psychologique, véritable talon d’Achille de l’équipe lors des 8 premières journées. Pour redonner confiance à mes joueurs, je me suis donc lancé le défi de me rapprocher davantage de chacun d’entre eux. C’est ainsi que j’ai entamé une série de visite chez les éléments de l’équipe, j’ai dîné avec plusieurs d’entre eux, pris un thé avec d’autres… afin d’instaurer une confiance mutuelle. Ensuite, la série de victoires nous a beaucoup facilité les choses et a constitué un socle sur lequel on a pavé notre chemin vers le sacre. Ce titre engendre un sentiment très particulier et intense, puisqu'on y a mis toute notre obstination et toute notre énergie. C'est une rétribution qui nous comble et qui nous a permis de répandre de la joie dans toute la ville. Une ville qui respire le football et qui a dûment fêté cet exploit.
Justement en parlant de séries, vous avez enchaîné 12 matchs sans défaite à votre arrivée, mais l’équipe a ensuite eu un passage à vide. Quel a été l’impact de ces deux phases capitales ?

Les séries de victoires sont très bénéfiques pour le mental du groupe, mais le problème dans ce cas c’est que ça s’arrête toujours, parfois très brutalement, et il fallait éviter de se retrouver avec une équipe terrassée mentalement. La majeure partie de nos joueurs manque d’expérience. Je me devais donc de les préparer pour qu’ils puissent relever la tête le plus tôt possible. Après la défaite face à l’AS FAR, il était clair que le club qui négociera le mieux son sprint final serait le plus proche du titre. Nous avons encaissé deux autres défaites face au Fath et au RCOZ, qui ont instillé le doute dans le rang des fans et même des joueurs, et là il fallait absolument réagir. En établissant les calculs les plus basiques, on s’est d’abord fixé un premier objectif : ne pas s’incliner face au DHJ et au WAC, les deux concurrents à la consécration que nous avons affrontés lors des dernières journées. Nous avons réussi ce pari et nous avons ensuite disposé du MAT pour être déclarés champions.
Après avoir fait le plus dur, quels sont désormais vos projets avec le club, vous qui avez été prolongé de deux saisons ?
Cette équipe a une forte identité, mon travail est de l’aider à se développer tout en gardant son ADN. Les joueurs ont amassé de l’expérience, ils en auront davantage après la campagne en Ligue des champions. Maintenant, il va falloir recruter des éléments pour consolider cet effectif, mais cette opération ne sera entamée qu’après moult réflexions. Il faut procéder à des recrutements ciblés, rationnels, et ne pas céder aux sirènes de la hype des stars à coups de centaines de millions.

Y aura-t-il aussi des départs ? Le cas du joueur Ahmed Hamoudane est le premier évoqué dans ce cas...
Pour être franc, et en tant que coach, je comprends parfaitement que Hamoudane ait l’ambition de changer de cieux. Il rêve d’évoluer dans un championnat étranger et de se faire un nom. J’espère qu’il pourra trouver un club à la hauteur de ses attentes et où il pourra pleinement s’épanouir et évoluer.
Le Maroc s’apprête à mener une aventure palpitante en Russie à l’occasion de la Coupe du monde. Comment prévoyez-vous la campagne des Lions d’Hervé Renard ?
Nous avons hérité d’adversaires très difficiles. Je crois que le parcours du Maroc dépendra de son premier match contre l’Iran. Cette une équipe très compliquée à jouer, je les connais assez bien puisque j’ai eu l’occasion d’étudier leur football lors de mon passage au Sultanat d’Oman. Si les joueurs affichent le même sérieux constaté en qualifications et si on gagne ce premier duel, je crois que la suite sera vraiment intéressante à voir. J’espère que le Maroc vivra des scènes de liesse comme celle vécue à Tanger cette semaine à l’occasion du sacre.

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