La Coupe d'Afrique des Nations 2017 est l'occasion de mettre en valeur certains joueurs pas toujours dans la lumière. Voici l'histoire de Yassine El Kharroubi, 26 ans, finaliste de la Coupe de France avec Quevilly en 2012,et qui va vivre la compétition avec le Maroc.
 
 
«Vous allez participer pour la première fois de votre carrière à une CAN avec le Maroc. Quel est votre sentiment avant d'aborder ce grand rendez-vous ?
Je suis à la fois fier de représenter mon pays, mais aussi excité de disputer une telle compétition. Maintenant, je suis impatient qu'elle démarre !
 
Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez vu votre nom dans la liste des 23 de Hervé Renard ?
Cela a été un soulagement. Mais c'est aussi une récompense de tout le travail fourni depuis plusieurs années. J'ai beaucoup de respect pour le coach, et pour tout son staff. Nous, les gardiens de but, on est très proches de Philipe Sence, l'entraineur des gardiens. On travaille très bien ensemble, j'ai l'impression qu'il nous connait par cœur.
 
Quel sera votre rôle pendant cette CAN, vous qui ne partez pas titulaire ? 
Mon rôle est clair : donner le maximum pour faire progresser le groupe et répondre présent quand on fera appel à moi.
 
Comment définissez-vous ce groupe du Maroc ? Quelle est l'ambition pour cette CAN ?
En Afrique, il n'y a plus de matches faciles. Même s'il faut reconnaitre que la Côte d'Ivoire est sur le papier une très belle équipe, on va jouer cette CAN à fond et pourquoi ne pas aller au bout, inchallah !
 
Quand on vous dit Coupe d'Afrique des Nations, avez-vous un souvenir marquant de cette compétition ?
Je pense à la finale perdue contre la Tunisie, qui jouait à domicile, en 2004 (2-1). Je m'en souviens comme si c'était hier, j'avais quatorze ans. À titre personnel, je me remémore la finale de la CAN U23 en 2011 (NDLR : perdue 2-1 face au Gabon) devant 50 000 spectateurs : quel souvenir !
 
À titre personnel, vous avez débloqué votre compteur avec la sélection en 2016, avec une première cape contre le Congo en mai...
C'était un rêve de gosse. Etre dans le groupe était déjà très fort, mais alors être titulaire... Avec l'hymne national et toutes les émotions qui vont avec : c'est incroyable, j'en tremble encore ! Ça donne envie d'aller encore plus haut. J'ai l'impression d'avoir beaucoup appris en très peu de temps. Je ne veux pas m'arrêter là !
 
Votre participation à cette CAN est aussi une belle revanche sur une carrière qui n'a pas toujours été linéaire...
J'ai commencé le foot en 1998, à Dreux. J'ai ensuite rejoint Chartres avant d'entrer au centre de formation de Guingamp à quinze ans. Mais je n'ai pas vraiment eu la chance de m'installer en équipe première. Je ne suis pas le seul footballeur à avoir connu ça.

Pourquoi ne pas être resté à Guingamp ?
J'étais jeune et j'avais déjà très envie de jouer, mais ce n'était pas forcément possible pour moi...
 
Derrière, vous rebondissez à Quevilly où vous allez jusqu'au Stade de France en finale face à Lyon (défaite 0-1 en 2012). Quel souvenir gardez-vous de cette épopée ?
D'abord une grosse aventure humaine. On était une vraie famille, avec un super coach (Régis Brouard). À Quevilly et Rouen, on me demandait des autographes tous les jours. La finale m'avait laissé sur ma faim, même si j'étais satisfait de ma prestation. Je me souviens entre autres d'un face à face gagné contre Lacazette.
 
À l'époque, vous voir titulaire en finale était une énorme surprise !
Oui, le coach faisait jouer le deuxième gardien en Coupe. Pour la finale, il m'a fait comprendre qu'il avait besoin de moi, surtout pour mes sorties aériennes et mes longs dégagements pour tenter de les contrer.
 
Le but de Lisandro Lopez est-il l'un des pires souvenirs de votre carrière ?
Oui et non. Oui, car on perd cette finale. Non, car ça reste malgré tout un super souvenir. C'était une finale de Coupe de France, c'était Lyon et c'était quand même Lisandro Lopez !
 
Après un passage à Bourg Péronnas, vous allez vous ressourcer quelques temps au Maroc en 2013, mais ça tourne très vite au fiasco...
J'étais à deux doigts de signer en Italie, et j'ai été contacté par Fès, qui avait de grosses ambitions. C'était une chance de revenir au pays et de viser la sélection A. Mais on n'était plus payé, on ne s'entrainait presque plus et je suis vite rentré en France, dès décembre.
 
Après ça, vous connaissez une petite période de chômage. C'est là qu'on se dit qu'on n'a peut-être pas tout fait correctement ?
Ç'a été une grosse remise en question et une grosse période de doute. Bien évidemment, tout le monde nous oublie, sauf la famille heureusement ! Mais je me suis vite dit que la seule chose qui pouvait me sauver, c'était le travail.
 
Derrière, vous acceptez la D2 bulgare en 2014. Pas trop dur de faire ce choix ? 
Ça s'est fait très vite. Surtout qu'on m'a dit que certains clubs de D1 étaient curieux de me voir à l'œuvre. J'ai donc fait ce pari.
 
Un an plus tard, vous pensez enfin respirer en signant au CSKA Sofia... sauf que ce dernier fait également faillite ! 
C'était le plus gros club du pays. Ils me font signer durant le mercato d'hiver et me laissent terminer la saison avec mon club (Vereya). Et c'est pendant l'été que j'apprends la nouvelle. Le club est en faillite et tous les joueurs sont libérés... Là, je me suis dit que je n'avais vraiment pas de chance. Mais je me suis toujours accroché, pensant que ça allait bien finir par tourner.
 
C'est finalement le Lokomotiv Plovdiv qui croit en vous, en D1 bulgare. Comment cela se passe sportivement ?
C'est intéressant. On est proche du trio de tête (NDLR : le club est actuellement cinquième à cinq points du podium), l'objectif est de finir troisième afin de jouer la Ligue Europa.
 
Etre aussi éloigné de votre pays et des «lumières» des grands Championnats n'est-il pas trop difficile ?
Je pense que les matches de Ludogorets en Ligue des champions ont changé le regard des gens sur la D1 bulgare. Il y a de plus en plus de recruteurs des grands Championnats qui viennent voir des rencontres ici.
 
En regardant votre parcours, vous vous dîtes que vous avez peut-être été trop impatient ? 
J'ai toujours eu envie de jouer, c'est normal non ? Après, peut-être que je l'exprimais de la mauvaise manière. J'aurais préféré que ça se passe différemment, mais avec le temps on apprend... Maintenant, j'ai vingt-six ans, je suis papa, on va dire que ça m'oblige à prendre du recul et à bien réfléchir avant de foncer.
 
Votre caractère vous a joué des tours ? 
Je suis comme sur le terrain : je n'ai pas peur de foncer (il sourit).
 
Qu'est-ce qui ne vous plaisait pas en France ? Le fait qu'on ne vous fasse pas assez confiance ?
Rien de ça. À l'époque, l'opportunité de jouer en France parmi l'élite ne s'est pas concrétisée. J'ai eu plusieurs clubs intéressés, certains sont même en L1 maintenant, mais ça ne s'est pas fait, c'est le foot ! Si j'ai pu être pro et devenir international A marocain, c'est aussi grâce à l'En Avant. Je pense particulièrement à Ronald Thomas (NDLR : l'entraîneur des gardiens de l'EAG). Le président de l'époque, Noël Le Graët, est également un grand monsieur.
 
Désormais, il paraît que des clubs plus huppés commencent à s'intéresser à vous...
J'ai vingt-six ans, je suis international A et je suis en fin de contrat, du coup, subitement, je deviens intéressant (il sourit). L'an passé, j'ai appris que Claudio Taffarel, qui travaillait pour Galatasaray, me suivait. Un proche m'a fait part de ses compliments. Venant de lui, ça m'a fait super plaisir.

Dans les 23 Marocains, on trouve des représentants de Premier League, de Ligue 1, de Liga... La Corogne, la Juventus Turin, Monaco, ça vous fait rêver ?
Bien sûr que ça fait rêver. C'est toujours plaisant d'évoluer avec des joueurs de très haut niveau. La plupart ont beaucoup d'expérience et je ne peux que progresser avec eux.»

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