Il a quitté la France à 19 ans, joué dans sept pays, porté le maillot de trois pays, il parle plusieurs langues... Le défenseur Manuel Da Costa (30 ans), pilier des Lions de l’Atlas et de l’Olympiakos Le Pirée, avec qui il domine le championnat grec, se démarque par un parcours pour le moins atypique.
Un jour peut-être, il reviendra en France pour une nouvelle étape de sa carrière. Ou pour boucler la boucle, pourquoi pas à Nancy, où il a débuté sa carrière professionnelle.
Ces dernières années, plusieurs clubs français ont tenté avec plus ou moins de conviction de le convaincre de revenir. « Cela ne s’est pas concrétisé, pour différentes raisons. Mais je ne veux pas exclure la possibilité de rejouer en France », précise le trentenaire.
L’été dernier, son club a refusé de le libérer à deux ans de la fin de son contrat. Le richissime président de l’Olympiakos, Evangelos Marinákis, a repoussé net toutes les avances venues notamment d’Angleterre, déclarant son international marocain intransférable.
« Je n’étais pas spécialement enclin à partir. Je joue dans un gros club qui dispute la Ligue Europa, j’ai une belle qualité de vie, un très bon contrat », se réjouit l’intéressé. « Le seul problème, concède-t-il, ce sont les actes de violence commis par des supporters. En Grèce, c’est courant, et parfois un peu lourd à vivre... »
La Grèce est la septième étape de ce joueur au parcours pas comme les autres. « Mon père est portugais, ma mère marocaine, je suis né près de Nancy et j’ai grandi en France », rappelle le défenseur. Un ADN international qui explique peut-être son itinéraire professionnel, qui l’a conduit aux Pays-bas (PSV Eindhoven), en Italie (Fiorentina et Sampdoria Gênes), en Angleterre(West Ham), en Russie (Lokomotiv Moscou), au Portugal (Nacional Madère), en Turquie (Sivvaspor) et en Grèce à l’heure actuelle.
« J’ai connu de belles expériences, comme au PSV, à West Ham, à Madère, en Turquie, et en Grèce. Et d’autres plus compliquées, notamment en Italie. » Ce grand garçon d’un mètre quatre-vingt, devenu polyglotte et père d’un petit garçon présente également une carte de visite internationale atypique.
« J’ai été appelé en équipe de France, je crois que je devais avoir 16 ans. Puis par le Portugal. J’ai joué une vingtaine de matchs avec les Espoirs du Portugal, avec qui j’ai participé à l’Euro. J’ai aussi été appelé plusieurs fois en sélection A, mais sans jamais disputer la moindre minute. Un regret ? Non, pas forcément. Car je suis devenu international avec le Maroc en 2014 avec Badou Zaki, et je suis très heureux comme ça. »
De grands espoirs pour le Maroc, surtout que depuis la nomination du français Hervé Renard à la tête des Lions de l’Atlas en février, le Maroc redécouvre une ambition qui s’était émoussée au gré des années et des déceptions.

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